La rentrée de la nouvelle assemblée a eu lieu. Les députés prennent leurs marques, les statistiques sont à l'oeuvre : plus de femmes, moins de jeunes, autant de fonctionnaires...
Et déjà commencent les passes d'armes sur le rôle dévolu, octroyé ou accaparé par le président de la république, vis à vis non seulement du parlement mais aussi des ministres.
Extraordinaire élection française : il a fallu 5 tours pour confirmer la légitimité du président, je les rappelle :
- tour d'honneur : désignation par les grands électeurs des candidats autorisés à se présenter
- 1er tour : on élimine, on en retient deux
- 2ème tour : on sépare la France en deux pour contenter une majorité et élire un candidat
- 3ème tour : le 1er tour des législatives annonce la vague bleue
- 4eme tour : le 2eme tour des législatives transforme la résistance des députés roses en semi-défaite pour les bleus, qui obtiennent tout de même la majorité absolue pour le seul parti dominant.
Cela va-t-il enfin suffire ? Mais non. Déjà, on reproche au nouveau président de prendre trop de place, de faire le travail de ses (pardons : des) ministres et de vouloir redonner au régime la suprématie de la fonction présidentielle qu'avait prévue la constitution du Général De Gaulle.
Voilà un homme visiblement énergique, un chef, qui travaille, qui depuis 35 ans a tout fait pour devenir un jour président, qui sert un langage neuf. L'opposition, quant à elle évidemment évincée de la fonction suprême, n'a dans l'immédiat rien d'autre à faire qu'à dévaloriser ladite fonction.
Il est d'ailleurs spectaculaire que ce soit elle, pessimiste sur ses résultats électoraux, qui appelle de ses voeux une VIème république (en fait une IVeme bis, au triste souvenir), que l'on peut espérer qu'elle n'aurait pas souhaité réaliser si elle avait remporté les élections.
Nous ne nous réjouissons pas d'un combat stérile qui ralentit le travail des représentants de l'Etat. Nous souhaitons que la fonction suprême devienne celle du roi, inaccessible par la voie du suffrage universel et donc interdite aux ambitions personnelles.
Et dans ce schéma, nul doute que Nicolas Sarkozy ferait un très bon Premier ministre.
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