La défaite d'Alain Juppé à l'élection législative de Bordeaux illustre les limites de ce type d'élections.
En premier lieu, le ministre se présente devant les électeurs pour bénéficier de la légitimité du suffrage universel.
Nous avons déja évoqué le fait qu'un député ne représente pas en réalité sa circonscription, mais le parti auquel il est appartient.
Dans le cas présent, le candidat représentera d'autant moins sa circonscription qu'il est ministre, et que sa première décision consistera à se désister en faveur de son suppléant.
C'est donc une pratique très surprenante, qui consiste alors que l'on a la responsabilité d'un ministère, à se présenter devant les électeurs de l'une des 577 circonscriptions pour tenter de se faire élire et, au cas où ils n'auraient pas compris, à remettre immédiatement sa démission du siège de député.
Pourquoi se priver de l'intelligence de Monsieur Juppé, pour la mission qui était la sienne dans son ministère tout neuf ? N'est il pas suffisant que le gouvernement soit responsable devant le parlement ?
Le chef de l'Etat (ou le premier ministre), n'ont donc pas la possibilité de désigner la personnalité de leur choix ?
En fait, si : c'est l'opinion qui les oblige, non la constitution. La désignation de M. Juppé est un sujet sensible, il faut la faire valider. Celle de Rachida Dati l'est moins : elle n'a pas eu à se présenter devant les électeurs - et ne parlons pas à son sujet de "petit ministère".
Sujet sensible, Monsieur Juppé ? Intelligent, nous l'avons dit et c'est incontestable, il s'est néanmoins montré arrogant lors de son premier-ministère. Pour faire suivre cette période par la dissolution de l'Assemblée, erreur tellement incroyable !
Je pense que le peuple ne lui en veut pas d'avoir été condamné pour les "affaires" (nous sommes en Gaule). Mais pourquoi ce besoin de reprendre "sa" place à la mairie de Bordeaux sans attendre 2008 ? Il la reprend, au prix d'une élection anticipée, au même suppléant auquel il destine le siège de député auquel il aspire, pour l'abandonner.
Demandons nous si les hommes politiques qui nous gouvernent, dotés évidemment d'un cerveau, ne perdent pas tout sens commun, à la fois faute d'un guide stable pour leur montrer la route et puisqu'il n'existe pas de limite à leur ambition, à l'atteinte un jour du pouvoir suprême, ne sont pas de ce fait fiévreux et brouillons pour ce qui les concerne.
ajouter un commentaire commentaires (0) recommander
Commentaires