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Alliance Hauts-de-Seine

L’Alliance Royale est une formation politique fondée en 2001 et regroupant des "citoyens" (habitants de la Cité) convaincus  qu’il est temps de reposer la question des institutions dans le débat politique français. L’Alliance Royale a non seulement pour ambition de faire redécouvrir la monarchie à nos compatriotes, mais également d’inviter la France à préparer son avenir dans ses institutions.

  blasong2.jpg"D'azur à la fleur de lys d'or et à la nef antique d'argent, au chef d'argent chargé d'une fasce ondée d'azur", ainsi se décrit le blason des Hauts-de-Seine créé par Georges Weill.


    "Blason Royal du Pays d'Aunis"

25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 22:05

La série noire des prises d'otage dans l'Océan indien continue. Le cas du pétrolier Sirius Star, avec ses deux millions de barils, est emblématique, mais de nombreux bateaux sont régulièrement agressés, entre le détroit de Marmara et la côte des Somalis. Rien que dans le golfe d'Aden, près de cent navires ont été attaqués depuis le début de l'année.

Pourtant, des forces navales importantes patrouillent dans la région, principalement un groupement naval appelé Task Force 150, constitué de navires de différents pays qui interviennent par contribution périodique, avec un commandement tournant  : américains, français, allemands, britanniques, danois, espagnols et même pakistanais. La Task Force 150 est le pendant maritime de l'opération Enduring Freedom en Afghanistan. Créée après les attentats du 11 septembre, elle a essentiellement pour vocation de lutter contre le terrorisme. Si elle ne relève pas directement de l’OTAN, elle s’appuie néanmoins directement sur la Vème Flotte des Etats-Unis. Outre cette TF 150, des unités nationales et une flottille de l'OTAN sont également présentes. Un bâtiment indien, par exemple, aurait ouvert le feu récemment sur des pirates. Mais la mer est vaste et les pirates savent encore surprendre leurs proies. Les navires de commerces peuvent difficilement se protéger eux-mêmes, sans armes et avec des équipages peu qualifiés, peu motivés. La vitesse et la hauteur des coques constituent la meilleure protection, mais les attaquants sont passés maître dans l'art de l'abordage. Certains armateurs et assureurs pensent à des systèmes d'alerte, radar ou infrarouge, mais l'efficacité n'est pas démontrée. Il faut pouvoir discriminer la menace, ce qui n'est pas facile lorsque les pirates se font passer pour de paisibles pêcheurs. Le coût d'une protection efficace serait exorbitant : non seulement les matériels performants sont très chers, mais il faut aussi disposer d'opérateurs qualifiés pour assurer la veille et de forces de sécurité pour repousser les attaques. Sans compter que l'embarquement de moyens et de personnels armés, et pas seulement de canons à eau, entraîne les flottes commerciales dans une pente qu'elles ne sont pas prêtes à assumer. La perspective de repousser les pirates à coup de canon, comme au "bon vieux temps", n'est pas encore à l'ordre du jour.

C'est dans ce contexte que l'Union Européenne décide d'envoyer une force navale pour compléter ce dispositif. C'est la première mission navale de la Politique de Sécurité et de Défense (PSD). Elle s'inscrit dans le cadre de l'Euromarforce, une structure de commandement créée en 1995, afin de donner une capacité navale à L'UEO, l’Union de l'Europe Occidentale, organisation militaire distincte de l'Union Européenne et, en quelque sorte, concurrente de l'OTAN. La force ainsi déployée, cette fois-ci sous commandement britannique, aura pour mission essentielle d'escorter les navires de commerce, comme dans un autre "bon vieux temps", celui des convois de Liberty Ships qui traversaient l'Atlantique, escortés pas des destroyers et traqués par les U-boot allemands. 

Au travers de ce dispositif naval assez complexe, essayons de voir quels sont les ressorts politiques. La première chose qu’il faut prendre en compte, c’est la nécessité pour un Etat de protéger ses voies de communication et ses ressortissants. C’est une mission régalienne. A ce titre, les pays européens, comme les autres, entretiennent des dispositifs militaires un peu partout dans le monde. Sur des points  chauds comme le Golfe d’Aden, dont la situation affecte les intérêts de nombreux pays, la mise en oeuvre d'une coopération prend tout son sens. D’où la création de multiples coalitions diverses et variées comme la Task Force 150. On pourrait s’en tenir là. On pourrait se dire que, finalement, une fois prise la décision d’engager des forces par les Etats, une organisation comme l’OTAN ou l’UEO peut très bien constituer un moyen de coordination adapté à ce genre d’opération. Il faut pourtant se poser la question de savoir qui fait quoi. Une coopération strictement européenne, si elle a du sens pour protéger les eaux territoriales et les frontières des pays européens, n’est pas particulièrement légitime dans le Golfe d’Aden, en tous cas pas plus qu’une autre, surtout si elle exclut ipso facto les pays de la région et les Etats-Unis, ce qui serait pour le moins délicat.

Mais ceci est un autre débat. Ce qui nous intéresse  aujourd’hui, c’est une espèce de revendication de l’Union Européenne dont la presse se fait l’écho : l’Europe, nous dit-on, aurait envoyé une flotte dans l’Océan Indien. C’est ce que l’on peut appeler une imposture ou, pour le moins, une falsification de la vérité à but de propagande. Car, nous l’avons bien compris, l’Europe n’a envoyé aucune flotte pour la simple raison qu’il n’y a pas de flotte européenne et qu’il n’y a pas de souveraineté européenne. Il y a simplement, répétons-le, des bâtiments battant pavillons nationaux et une coopération entre plusieurs pays d’Europe concrétisée dans une organisation militaire, l’Euromarfor.

Ainsi, nous assistons à une véritable tentative de fixer dans nos esprits l’existence d’une souveraineté européenne. Cela commence par le vocable « Politique Européenne de Sécurité et de Défense », qui n’est dans le fond qu’une alliance. Cela continue, depuis le traité de Lisbonne, par la création de la fonction de Haut délégué pour les affaires étrangères et par l’officialisation de la fonction de Président de l’Union qui donne un avant-goût d’autorité régalienne. Puis, l’Union Européenne cherche à s’imposer comme un acteur stratégique majeur, comme elle a tenté de le faire lors de la crise géorgienne. Elle veut revendiquer une place égale à celle des Etats-Unis au sein de l’OTAN ou des Nations Unies : c’est ce qui apparaît en filigrane du Livre Blanc sur la Sécurité et le Défense. Elle veut enfin faire croire qu’il y a une armée européenne, car qui dit armée dit nation. Forte de l’appui de la majorité des faiseurs d’opinion, l’Union Européenne mène donc un formatage en règle des esprits et ne manque jamais une occasion de faire croire que sa souveraineté est accomplie.

Bien entendu, l’Alliance Royale s’oppose à cette vision de l’Europe. Pour elle, une coopération européenne est indispensable dans bien des domaines, en particulier celui de la sécurité de nos frontières terrestres et maritimes, dans le domaine de l’économie et celui de l’environnement. Mais la marine française est, comme son nom l’indique, "française" et son intervention relève de l’autorité exclusive du Chef de l’Etat, au sein d’alliances ou de traités dont la signature relève de ce même Chef de l’Etat.

Mais quel Chef d’Etat ? La République a porté ses regards vers d’autres horizons que la France. Elle porte l’universalisme dans ses gênes. L’idéologie qui la motive est maintenant trop étriquée dans les frontières de l’hexagone. Dieu nous garde des aventures sans lendemain dans lesquelles elle pourrait nous entraîner.

Bruno Castanier

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Published by Bruno Castanier - dans Actualités
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