Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Abonnement libre au Bulletin

le nouveau bulletin de l'Alliance Royale vient de sortir

  new_bulletin-12.jpg

 

 








Pour vous abonner Catégorie:
abonnez-vous

Recherche

Alliance Hauts-de-Seine

L’Alliance Royale est une formation politique fondée en 2001 et regroupant des "citoyens" (habitants de la Cité) convaincus  qu’il est temps de reposer la question des institutions dans le débat politique français. L’Alliance Royale a non seulement pour ambition de faire redécouvrir la monarchie à nos compatriotes, mais également d’inviter la France à préparer son avenir dans ses institutions.

  blasong2.jpg"D'azur à la fleur de lys d'or et à la nef antique d'argent, au chef d'argent chargé d'une fasce ondée d'azur", ainsi se décrit le blason des Hauts-de-Seine créé par Georges Weill.


    "Blason Royal du Pays d'Aunis"

13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 12:23

Source : Le Monde


Xynthia a durement touché l'île de Ré. Tous les habitants sont traumatisés. Ils le sont plus encore qu'ils ne l'avaient déjà été par la tempête de décembre 1999. Cette fois, en effet, un doute s'est insidieusement installé dans l'esprit de bon nombre d'entre eux quant à l'avenir de leur île, car c'est l'existence même de celle-ci, son unité pour le moins, qui semble devoir être remise en cause.

 

Les digues ont cédé et les trois îles originelles, Ré, Ars et Loix ont à nouveau été séparées à marée haute, comme au Moyen Age, pendant quelques jours.

 

Au Martray, là où le contact entre l'île principale et celle d'Ars se réduit à un pédoncule, les imposantes digues présentent désormais l'aspect d'un rivage fortifié qui aurait subi d'intenses bombardements avant une opération de débarquement !

 

http://www.lemonde.fr/image/2010/03/05/300x200_1489381_0_1005_ill-1314788-cfa5-rsz-vigne2.jpg
Jonathan Parienté/LeMonde.fr  -  Cinq jours après le passage de la tempête Xynthia, l'eau reflue peu à peu des terres agricoles réthaises, mais 70 % du vignoble a été submergé par les flots.

Une catastrophe naturelle paraît toujours injuste à ceux qui en sont les victimes et le moment de son déclenchement évidemment inopportun ! Pour les élus de Ré, cette évidence laisse d'autant plus un goût d'amertume que tous étaient conscients du risque et décidés plus que jamais à agir.

 

Pour ne citer qu'un exemple parmi beaucoup d'autres, la commission consultative "environnement" qui s'est réunie le 29 janvier à la mairie de Sainte-Marie-de-Ré avait débattu en priorité de la défense des côtes et de nouveaux travaux à réaliser dès que possible en 2010, à la suite de ceux déjà entrepris en 2009…

 

Tous les maires s'accordaient sur la nécessité de mettre en œuvre d'importants moyens, de concert avec le conseil général, pour renforcer les digues. A l'occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux, Lionel Quillet, maire de Loix, conseiller général du canton nord, président de la communauté de communes, avait annoncé un important programme pluriannuel de travaux sur les digues. La réfection de celles-ci faisait clairement figure de priorité absolue…

 

A l'occasion d'une réunion publique, le 2 février dernier, dans le cadre de la présentation du diagnostic stratégique en vue de l'élaboration du schéma de cohérence territoriale (SCOT), il martela que les périmètres protégés et non constructibles devaient constituer de manière définitive 80 % du territoire insulaire. Léon Gendre, maire de La Flotte, conseiller général du canton sud et ancien président de la communauté de communes, rappela avec la plus grande énergie à l'occasion de sa propre cérémonie des vœux, le 24 janvier, son engagement indéfectible en faveur d'une protection particulièrement exigeante de l'environnement qui passe par des mesures strictes destinées à restreindre au maximum les nouvelles constructions.

 

Sur ce plan, ces deux élus souvent considérés comme rivaux, bien qu'appartenant au même parti UMP, se rejoignent indiscutablement. Tous deux, comme les huit autres maires de l'île, ont cependant été pris de vitesse par les éléments. L'ampleur de la catastrophe pourrait laisser croire à l'inanité des mesures de protection du littoral : dans un contexte de plus en plus avéré de modification du climat s'accompagnant de dérèglements aux conséquences de plus en plus dommageables, certains sont désespérés.

 

L'expérience hollandaise est pourtant là pour rappeler que des solutions existent. La tempête de la nuit du 31 janvier au 1er février 1953 dans la mer du Nord provoqua la rupture de digues prévues pour résister à des conjonctions de phénomènes climatiques censés ne se produire qu'une fois tous les trois cents ans, ce qui entraîna l'inondation d'une grande partie du pays et la mort de plus de 1 800 personnes…

 

Qu'à cela ne tienne : les autorités néerlandaises décidèrent de mettre en œuvre le plan "Delta", apte à répondre à des occurrences climatiques ne se manifestant statistiquement qu'une fois tous les dix mille ans (catastrophe de probabilité décamillénale) ! Les travaux durèrent trente ans (quarante ans même en incluant les dernières réalisations inaugurées en 1997 et non prévues dans le projet initial) et occasionnèrent une dépense considérable.

 

Des travaux d'une telle ampleur sont-ils envisageables sur le littoral français, sur l'île de Ré en particulier ? Bien évidemment non, tout simplement parce que, à la différence des Pays-Bas, leur coût serait sans commune mesure avec le bénéfice qui pourrait en être retiré par la collectivité nationale.

 

Ce constat ne signifie nullement, bien évidemment, qu'il ne faille rien faire ! Il implique cependant que des choix devront être effectués, secteur par secteur, quasiment mètre par mètre, de façon à déterminer très exactement les solutions techniques à adopter. Celles-ci pourraient être différentes de celles qui avaient été retenues jusqu'ici. Ne conviendrait-il pas de rétablir une circulation des eaux à travers l'isthme du Martray ? Convient-il de refuser systématiquement la submersion occasionnelle de tous les périmètres que l'on s'efforçait jusqu'à présent de protéger ?

 

Un rapport acceptable entre le coût de l'opération et le bénéfice espéré devra être estimé. Là où la dépense apparaîtra disproportionnée, il conviendra de trancher. Plutôt indemniser convenablement un propriétaire dont on renoncera à protéger les biens exposés à un aléa climatique que de prétendre assurer sa protection, mais, dans la pratique, le laisser menacé faute d'être en mesure de mettre en œuvre les moyens adéquats…

 

L'instance chargée d'arbitrer devra jouir d'un pouvoir certain et donc bénéficier d'une réputation sans faille car l'expérience (celle d'opérations de cet ordre déjà menées dans des secteurs inondables du Val de Loire, par exemple) montre que les personnes directement concernées répugnent très souvent à renoncer à leur cadre de vie habituel, même si la pression est forte et que les indemnisations sont conséquentes…

 

Patrice Cosaert est géographe et professeur émérite à l'université de La Rochelle

Partager cet article

Repost 0
Published by Christophe - dans Actualités
commenter cet article

commentaires