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Alliance Hauts-de-Seine

L’Alliance Royale est une formation politique fondée en 2001 et regroupant des "citoyens" (habitants de la Cité) convaincus  qu’il est temps de reposer la question des institutions dans le débat politique français. L’Alliance Royale a non seulement pour ambition de faire redécouvrir la monarchie à nos compatriotes, mais également d’inviter la France à préparer son avenir dans ses institutions.

  blasong2.jpg"D'azur à la fleur de lys d'or et à la nef antique d'argent, au chef d'argent chargé d'une fasce ondée d'azur", ainsi se décrit le blason des Hauts-de-Seine créé par Georges Weill.


    "Blason Royal du Pays d'Aunis"

16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 09:02

En 1492, Christophe Colomb découvrait l'Amérique, et pour commencer les îles qui se trouvaient sur sa route.

Au XVIè siècle, les Européens commencèrent à prendre la route du Nouveau monde, pas encore pour s'y installer mais pour y trouver ou négocier des richesses, à rapporter chez eux.

Puis vinrent les premières installations d'habitants, nous dirons pour simplifier les Espagnols et les Portugais au sud, les Anglais et les Français au nord, avec quelques frictions.

Pour m'en tenir aux Français, je me suis amusé à suivre le chemin de la langue, car à la fois nous savons que les migrants Français ne parlaient pas la même langue, selon leur région de départ, et aujourd'hui les habitants des différentes régions d'accueil ne parlent pas non plus la même langue.

Voici tout d'abord un premier lien, qui nous brosse un tableau d'ensemble pour notre région du monde, jusqu'à en arriver au XVIIè siècle, point de départ des migrants :


 Suivez ce lien, pour un article fort intéressant sur la formation de la langue en France, et plus particulièrement dans le Poitou, dont les habitants parlaient le patois "parlange" :

link

En voici donc un extrait :

La période du bas-poitevin (Du XVIe siècle au XIXe siècle)

L'histoire de France de cette période fut tourmentée comme les précédentes : guerres, consolidation de la monarchie absolue, révolution française, empires, ... Mais une tendance forte peut être dégagée : quel que soit le mode de gouvernement, il convergea vers toujours plus de centralisme et de jacobinisme, ce qui influa considérablement sur les pratiques linguistiques sur le territoire français en général, et bas-poitevin en particulier.

En 1539, une ordonnance royale imposa le français (c'est-à-dire ce qu'était devenu le francien) pour la rédaction des actes d'état-civil, les arrêts et procédures. Ce fut le début d'une série de décisions qui allait provoquer une longue mais inexorable progression du français par rapport à toutes les autres langues pratiquées en France, y compris le bas-poitevin. Le français devint langue de l'Etat, remplaçant le latin pour les écrits officiels. Dans l'immédiat, cette décision ne provoqua aucun changement dans la manière de parler des classes bas-poitevines populaires. Néanmoins, l'élite comprit dès lors que le français allait suppléer le latin pour ses échanges. Une autre diglossie commença : celle du français et du bas-poitevin.

En 1635, le cardinal Richelieu créa l'Académie française. En 1714, le français fut utilisé pour rédiger le traité de Rastadt, un document juridique international. Le français s'immisçait lentement dans les classes plus favorisées du Bas-Poitou, celles immédiatement inférieures comprenant simplement le français sans le parler, et les classes les plus populaires (les plus nombreuses) ne parlant que le patois.

En 1793, l'abbé Henri-Baptiste Grégoire publia son fameux Rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française. Le décret du 2 Thermidor de l'an II (20 juillet 1794) fixa les peines pour les agents publics qui ne rédigeraient pas leurs actes en français. Néanmoins, le peuple bas-poitevin continua de parler ses patois, ainsi que les agents publics ou cléricaux pour peu qu'ils souhaitassent être compris à coup sûr. Mais la proximité de plus en plus grande du français par rapport au bas-poitevin en fit un adstrat envahissant : beaucoup de vocabulaire passa ainsi du français au bas-poitevin.

Pendant cette pédiode, le bas-poitevin comme les autres dialectes se simplifia et se modernisa, abandonnant par exemple la déclinaison à deux cas qui subsistait (c'est le cas régime qui survécut). En revanche, le bas-poitevin conserva de nombreuses diphtongues et triphtongues que le français perdit.

 

Comme dans le Poitou, les candidats au départ des différentes régions de France parlaient donc la langue de leur région. La langue officielle étant devenue le Français, la solution pour se comprendre fut naturellement pour tous d'adopter le Français dans le langage, si bien que les habitants du Nouveau monde (Canada, Acadie, Louisiane, Antilles..) parlèrent Français avant les habitants - ruraux - des régions métropolitaines.

Au Canada et en Acadie, la langue a évolué différemment de la nôtre, du fait des conflits entre la France et l'Angleterre qui aboutirent à l'arrachement de ces provinces francophones, puis d'une influence de l'anglais contre laquelle les habitants se sont défendus :

Article :

L'implantation du français au Canada

Compte tenu de la situation de fragmentation linguistique qui avait cours en France sous l'Ancien Régime, on peut supposer que les émigrants français parlaient leur «patois» d'origine avant d'arriver au Canada. Selon cette hypothèse, les colons auraient pu apporter avec eux leur normand, leur picard, leur aunisien, leur poitevin, leur breton, etc.

Cette question du «choc des patois» a soulevé déjà de nombreuses controverses, notamment en 1984 lorsque le linguiste Philippe Barbaud a publié une étude intitulée Le choc des patois en Nouvelle-France (Presses de l'Université Laval). Selon cet auteur, les colons français parlaient leur patois local, soit le normand, le picard, l'aunisien, le poitevin, le breton, etc., avant d'arriver au Canada. Mais ce livre a attiré les foudres des historiens qui contestent cette étude uniquement spéculative, car elle ne reposerait sur aucun fait vérifiable.

3.1 Les français régionaux importés de France

Les émigrants français sont arrivés plus massivement à partir de 1663, alors que la population canadienne n'atteignait que 2500 habitants, puis est passée à 10 000 en 1681 et 15 000 en 1700. On sait cependant que les villes françaises ont engendré cinq fois plus d'immigrants que les campagnes. Or, les habitants des villes françaises parlaient à l'époque un français régional, pas les patois. Cela signifie que les deux tiers des émigrants connaissaient déjà le français à leur arrivée au Canada, aussi régional qu'il fût! On sait aussi que les villes portuaires d'embarquement, telles que Bordeaux, La Rochelle, Rouen ou Dieppe (d'où partirent la majorité des émigrants), constituaient des centres urbains très francisés (entre 80 % à 90 %) et que les patoisants qui venaient y vivre devenaient rapidement des semi-patoisants bilingues. Les historiens croient aussi que la connaissance du français a pu servir de critère de sélection des candidats à l'émigration pour le Canada. Bref, les candidats à l'émigration pour le Canada ont généralement fait un long séjour en milieu urbain avant leur départ et avaient par conséquent acquis une bonne connaissance du français, ce qui ne signifie pas que le français était pour tous leur langue maternelle.

Cela étant dit, on peut supposer que, dans l'hypothèse la plus favorable, le tiers des émigrants ruraux arrivant au Canada aurait pu conserver encore leur patois d'origine, ce qui n'implique pas qu'ils ignoraient le français. En réalité, même les ruraux qui voulaient partir pour le Canada avaient une certaine connaissance du français, car ils n'habitaient jamais très loin des centres urbains qui furent les plus grands réservoirs d'émigrants. Selon toute vraisemblance, les pionniers d'origine rurale étaient majoritairement des francisants ou des semi-francisants (ou semi-patoisants), rarement de purs patoisants, à l'exception des émigrants provenant du sud de la France, mais pas ceux du Nord-Ouest. Quoi qu'il en soit, la plupart des ruraux étaient de toute façon en contact avec le français. Dans les faits, très rares devaient être les unilingues patoisants parmi la portion du tiers des émigrants ruraux connaissant encore leur parler régional.

De façon générale, les émigrants qu'on pourrait appeler des francisants comprenaient et parlaient l'une ou l'autre des variantes du français de l'Île-de-France ou d'une autre région importante. À part les nobles, les membres du clergé, les officiers militaires, les administrateurs et quelques grands négociants, les francisants ne parlaient pas la «langue du roy», mais un français populaire parsemé de provincialismes et d'expressions argotiques.

Les locuteurs semi-patoisants parlaient leur patois maternel, soit le normand, le poitevin, le bourguignon ou le lorrain, mais ils pouvaient comprendre l'une ou l'autre des diverses variétés du français; leur connaissance passive du français permettait donc une compréhension partielle. Quant aux patoisants, ils ignoraient totalement le français commun; lorsqu'on leur parlait en français, ils devaient recourir aux services d'un interprète. Les archives canadiennes ne révèlent qu'un seul cas connu de l'emploi d'un patois lors d'un procès qui a eu lieu dans les années 1660. Cela signifie que l'usage d'un tel patois pouvait être seulement possible, sans que l'on en sache davantage. Dans ce cas, il ne pouvait s'agir que d'émigrants du sud de la France. Selon toute probabilité, la présence des patois au Canada fut quasiment nulle ou, en tout cas, pas du tout significative.

Le professeur Lothar Wolf, de l'Université d'Augsburg en Allemagne et l'un des grands spécialistes du français québécois, conclut que la majorité des colons français qui sont arrivés en Nouvelle-France avaient déjà une connaissance du français:
 

Le provenance géographique des colons de la Nouvelle-France, leur condition sociale et leur instruction concordent avec le portrait linguistique global qui se dégage des témoignages cités et permettent raisonnablement de conclure que la majorité d'entre eux parlaient le français ou utilisaient le français avant d'émigrer. Cette situation n'aurait fait que se renforcer au sein même de la colonie, à la faveur des échanges, des mariages ou de l'instruction. («Les colons de la Nouvelle-France» dans Le français au Québec, 400 ans d'histoire et de vie, Publications du Québec, 2003, p. 25-27).

 

Le français canadien semblait donc correspondre au français courant alors en usage dans la région de Paris et parlé par le peuple de Paris. Ce n'est qu'après la Conquête anglaise que les Canadiens évolueront différemment.

3.2 Les causes de l'unification linguistique

Très tôt, le français s'est assuré la dominance en Nouvelle-France sans qu'aucune politique linguistique n'ait été élaborée ni même pensée; ce n'était pas dans les habitudes de l'époque. Néanmoins, un certain nombre de facteurs, indéniables, ont favorisé cette unification.

- Le français du roy

Le français était la langue de l'administration royale, celle des fonctionnaires, des officiers, des milices et de l'armée. Chaque année, en janvier, le gouverneur général et toute sa cour, de même que l'intendant, quittaient Québec pour Montréal (en passant par la rive nord, avec des relais à Neuville, Trois-Rivières et Berthier) et y séjournaient deux ou trois mois, amenant avec eux les bagages du personnel, les archives, les vêtements, la vaisselle et les abondantes provisions de bouche. Montréal devenait ainsi une capitale provisoire. C'est ainsi que le français du roy était répandu et entendu dans presque toute la vallée du Saint-Laurent. Tous les documents administratifs étaient rédigés en français et les ordres étaient donnés en «français du roy» aux soldats, dont un bon nombre de mercenaires (allemands et suisses). C'était également la langue du clergé, premier ordre social de la colonie: les ecclésiastiques, hommes ou femmes, ne s'exprimaient qu'en français, à l'exception des missionnaires, qui évangélisaient les Amérindiens dans leur langue. Tous les marchands, commerçants et entrepreneurs français ne parlaient généralement que le français de France.

Dans les écoles, on enseignait la religion, les mathématiques, l'histoire, les sciences naturelles et le français, lequel, rappelons-le, n'était pas encore enseigné en France aux «petites gens». Cet enseignement primaire ouvert à tous les habitants, même dans les campagnes, constituait une première pour l'époque et a certes joué un rôle non négligeable dans le processus de francisation, surtout dans le développement de la norme parisienne.

On doit souligner aussi que l'arrivée des militaires au Canada fut certainement l'une des causes ayant favorisé le plus la francisation du pays. Lorsque le régiment de Carignan-Salières débarqua à Québec à l'été de 1665, la colonie ne comptait que quelque 3200 habitants. Or, la venue subite de 1200 soldats et d'environ 80 officiers ne put qu'avoir un impact considérable sur le développement de la colonie, notamment en matière linguistique, car les communications dans l'armée royale se déroulaient exclusivement en français. Une fois la guerre finie avec les Iroquois en 1667, on estime que 30 officiers, 12 sergents et 404 soldats se prévalurent de l'offre du roi et se sont établis au Canada; plusieurs épousèrent des filles du roy. Entre 1683 et 1760, quelque 10 000 soldats et officiers des troupes de la Marine furent envoyés au Canada. Plus de la moitié des militaires sont retournés en France, mais les autres se sont établis au Canada. 

Il convient d'ajouter aussi les immigrants de passage tels les artisans, les négociants, les marchands, ceux qui exerçaient des métiers spécialisés et les «manouvriers» (des «hommes à tout faire») en forte demande au Canada. Avec les militaires, tous ces immigrants n'étaient au Canada que de passage. Eux aussi sont certainement responsables en partie de l'uniformisation linguistique dans ce pays.

 

Aux Antilles est bientôt apparue une nouvelle et forte influence :

Article :

 

La langue Créole

C'est à travers la littérature orale que le créole donne toute sa mesure. Les chants, les contes et les proverbes mettent en scène la vie des Antilles avec parfois beaucoup de justesse, la force des images suppléant à un vocabulaire limité (même s'il s'enrichit des apports du français moderne et même de l'anglais). Le créole est par essence une langue vivante. Formée loin des académies et des bibliothèques, il n'a connu pour cafés littéraires que les 'débits de la régie', où les hommes se réunissaient autour d'une bouteille de rhum et d'un jeu de dominos. Il a fleuri sur les modestes pas de portes où les mères tressaient les cheveux de leurs filles en évoquant les généalogies, les chansons du passé et les mille règles de la vie d'une femme (voir Pluie et Vent sur Télumée Miracle, de Simone SCHWARTZ-BART). La langue Créole donne sa pleine mesure lors des veillées mortuaires, une pratique rurale qui tombe en désuétude. Lors de ces veillées, les conteurs s'affrontent en des joutes oratoires où naissent et se perpétuent contes et proverbes. Le créole proprement dit est né du métissage du vocabulaire français des dix-septième et dix-huitième siècles et des tournures syntaxiques d'origine africaine, pendant l'esclavage. Arrachés à leur terre natale, les Africains déportés aux Antilles étaient éparpillés sur diverses îles, pour éviter que des tribus ne puissent se reconstituer et fomenter des révoltes. Ainsi, confrontés à la nécessité de survivre et de communiquer avec des compagnons parlant des langues différentes, les Antillais de la première heure ont-ils 'bricolé' un idiome commun, reprenant les mots français, quelques termes amérindiens (noms de plantes et d'animaux essentiellement), et liant le tout avec une syntaxe proche de celles des langues d'Afrique. Le temps a donné à l'ensemble son unité, et s'est progressivement développée toute une littérature orale créole, autour de contes, de chants et de proverbes. Le créole a gardé de cette immédiateté une spontanéité, qui transparaît dans le caractère très imagé qui fait son génie. Issu principalement du français pour le vocabulaire et des langues africaines pour la syntaxe le créole est né au début de la colonisation. Il permettait alors à des populations très différentes de communiquer entre elles. Des langues simplifiées servant seulement au troc et aux relations de travail maître- esclaves, le créole est devenue, au fil des siècles, une langue à part entière. Ses qualités d'expression ont donné naissance à une littérature et à une poésie d'une étonnante richesse. Contrairement à la plupart des langues régionales métropolitaines, le créole est  aujourd'hui encore, parlé par la totalité des Antillais, qu'ils soient noirs, hindous ou blancs. Cette langue est également devenue un moyen d'affirmer une identité, la créolité : << Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. >> ( jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphël Confiant ) >

 

Ainsi, voici comment les langues des hommes évoluent, depuis l'origine jusqu'à nos jours, s'adaptant aux réalités géographiques, démographiques, politiques ou économiques.
A l'heure où, la France ayant perdu son rôle de premier plan dans le monde, nous nous inquiétons de l'importance grandissante de l'anglais, qui s'impose comme langue internationale, il est cependant amusant de surprendre par jeu, dans les nombreuses séries TV américaines diffusées chez nous, un nombre considérable de mots français (plus ou moins déformés), qui n'existaient pas dans le langage américain - et encore moins anglais - il y a seulement 10 ans.

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Published by Christophe - dans Conférence
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Reine Marie Anne 18/05/2010 15:05



J'ai appris beaucoup de choses aujourd'hui par cette lecture, elles me font un peu plus aimer mon pays dans sa diversité Royale.