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Alliance Hauts-de-Seine

L’Alliance Royale est une formation politique fondée en 2001 et regroupant des "citoyens" (habitants de la Cité) convaincus  qu’il est temps de reposer la question des institutions dans le débat politique français. L’Alliance Royale a non seulement pour ambition de faire redécouvrir la monarchie à nos compatriotes, mais également d’inviter la France à préparer son avenir dans ses institutions.

  blasong2.jpg"D'azur à la fleur de lys d'or et à la nef antique d'argent, au chef d'argent chargé d'une fasce ondée d'azur", ainsi se décrit le blason des Hauts-de-Seine créé par Georges Weill.


    "Blason Royal du Pays d'Aunis"

24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 10:21

http://www.canardpc.com/img/news/29504/europe_42064_5836.png

Les royalistes sont-ils contre l’Europe ?

 

Quelle drôle d’idée !

 

Depuis la chute de l’empire romain, les européens, très choqués par l’effondrement subit de leur civilisation, ont gardés en mémoire la nostalgie et le mythe de cet « âge d’or » et tenteront plusieurs fois de le ressusciter.

 

Le premier qui parvient à l’accomplissement de ce désir commun est Charlemagne, roi des Francs, en recréant un empire « européen » à son profit. Ainsi, c’est un roi français qui crée la première entité politique unifiée regroupant l’ensemble des états de l’Europe de l’ouest et du centre. Par la suite, les différents états d’Europe de l’ouest et du centre seront issus de redécoupages internes de l’empire de Charlemagne, c'est-à-dire d’une sorte de grande France.

 

Cependant, la grande Bretagne n’a jamais fait partie de cet empire et certains états comme les royaumes de France ou d’Espagne (par exemple), acquièrent progressivement une totale autonomie vis-à-vis de l’empire. Ceci va conduire à sa réduction géographique pour ne plus consister à terme qu’en la zone germanique.

 

L’Europe n’est cependant pas un simple puzzle d’états indépendants. Il y existe une culture commune, l’architecture, la peinture, la sculpture, etc., n’y ont pas de frontières. L’unité est  renforcée par une religion commune. L’Europe est chrétienne sans tenir compte des frontières politiques. L’autorité du Pape s’étend à toute l’Europe, les ordres religieux et monastiques sont internationaux. Certains ordres de chevalerie le sont aussi. Les individus (exemple des pèlerins, des artistes, etc.) se déplacent aussi dans l’espace européen. Enfin, il arrive quelquefois que les européens s’unissent militairement, cela s’est vu lors des croisades.

 

En 1464, le roi de Bohème, Georges de Podiebrady, propose aux autres souverains européens la création d’une « Confédération des rois et princes chrétiens ». Cela est motivé par la menace turque. En effet, ceux-ci viennent de s’emparer de Constantinople et risquent d’envahir l’Europe. Ce projet est très élaboré et propose la création d’institutions européennes modernes (assemblée, cours de justice, budget, assistance militaire … ). Malheureusement, ce roi, adepte du théologien excommunié Jan Hus, était en mauvais termes avec le Pape, il est lui aussi excommunié. Les autres souverains sont frileux vis-à-vis du projet et craignent, de plus, de mécontenter le Pape. Le projet du roi de Bohème ne verra donc jamais le jour.

 

A l’époque de Charles Quint, l’empire semble se ré-étendre, mais ce n’est que pour un temps. Si les candidatures à l’empire des rois français, François Ier et Louis XIV, avaient abouti, qui sait si l’Europe de l’ouest n’aurait-elle pas été de nouveau unifiée ?

 

Finalement, c’est du fait des guerres impliquant tous les états européens que ceux-ci apprennent à discuter ensemble autour d’une table. Ils établissent des conventions communes et reconnaissent le principe de souveraineté des états (exemple du traité de Westphalie 1648).

 

Les philosophes et intellectuels écrivent sur des projets d’union européenne sans que cela n’aboutisse à des projets concrets mais l’idée circule. En 1526, l’humaniste Luis Vives, à l’imitation du roi Georges de Bohème, encourage l’union des royaumes d’Europe contre les attaques turques. Au début du XVIIIème siècle, l’abbé de Saint-Pierre propose une union des états de l’Europe pour mettre fin aux guerres. Ses idées sont reprisent par Rousseau.

 

Ce sont en réalité les penseurs révolutionnaires qui vont opposer l’idée de construction européenne avec le principe de la royauté. Ils préconisent une Europe des peuples en révolution contre leurs souverains. En 1795, Emmanuel Kant propose une union des peuples et non des états, pour former « une fédération d’états libres » : « Ce serait là une « Fédération » de peuples, et non pas un seul et même État, l'idée d'État supposant le rapport d'un souverain au peuple, d'un supérieur à son inférieur. Or plusieurs peuples réunis en un même État ne formeraient plus qu'un seul peuple, ce qui contredit la supposition, vu qu'il s'agit ici des droits réciproques des peuples, en tant qu'ils composent une multitude d'États différents qui ne doivent pas se confondre en un seul. » (Essai sur la paix perpétuelle)

 

Il faut attendre Napoléon Ier, encore un souverain français, pour refonder une entité politique européenne unifiée. Malheureusement, ce personnage, issu de la république française, était certes un génie militaire, mais n’avait pas le sens de la mesure. Son empire est fondé par la domination des peuples et non sur leur adhésion, par la force et la mort et non par un esprit de fraternité. Aussi cette tentative d’unification sous l’autorité de l’empereur des Français ne durera que quelques années.

 

A la fin du XIXème siècle, l’idée d’une unité européenne revient dans les esprits. Victor Hugo, qui à l’origine était royaliste, écrit : « (…) Et on entendra la France crier : C'est mon tour ! Allemagne, me voilà ! Suis-je ton ennemie ? Non ! Je suis ta sœur. Je t'ai tout repris, et je te rends tout, à une condition : c'est que nous ne ferons plus qu'un seul peuple, qu'une seule famille, qu'une seule république. Je vais démolir mes forteresses, tu vas démolir les tiennes. Ma vengeance, c'est la fraternité ! Plus de frontières ! Le Rhin à tous. Soyons la même République, soyons les États-Unis d'Europe, soyons la fédération continentale, soyons la liberté européenne, soyons la paix universelle ! » (Discours du 1er mars 1871 à l'Assemblée nationale)

 

L’idée européenne est relayée par Aristide Briand, mais toujours sans succès. Entre les deux guerres, les marxistes préconisent la création des « Etats-Unis socialistes d’Europe ».

 

Au XXème siècle, c’est Adolphe Hitler, l’homme fort de la toute jeune république allemande, qui rêve lui aussi  d’une grande Europe unie ; cette fois sous l’autorité du dictateur allemand. Ce dernier reproduira à peu prêt les mêmes erreurs que Napoléon en y ajoutant une idéologie abominable. Son projet n’aboutira jamais.

 

Les grandes figures historiques qui ont effectivement mis en place les entités politiques européennes citées ci-avant avaient bien à l’esprit le souvenir de l’empire romain disparu puisqu’ils en arboraient tous les emblèmes.

 

Quant à notre Europe actuelle, quelle en est l’origine ?

 

Nos hommes politiques, ainsi que la littérature générale ne parlent que du traité de Rome (1957). Pourtant, ce n’est pas l’origine exacte de cette nouvelle Europe. Ce n’est que le démarrage de l’aventure européenne pour la république française et quelques autres états. En réalité, avant le traité de Rome, une autre union d’états européens a vu le jour et a constitué le noyau de départ de la construction européenne actuelle.

 

Dès 1921, le royaume de Belgique signe avec le Grand-duché de Luxembourg un traité d’union économique. En 1944, en pleine guerre, ces deux monarchies sont rejointes dans leur expérience par le royaume des Pays-Bas pour le projet d’une nouvelle union plus avancée. Les autorités en exil de ces trois monarchies signent la création du Bénélux instituant la libre circulation des personnes, des biens et des services. Ce traité entre en application le 1er janvier 1948.

 

Ainsi voit-on dans les faits et dans l’histoire réelle (non pas celle que l’on nous annonce) que ce sont des monarchies qui sont à l’origine de la première union moderne et pacifique d’états européens.

 

En 1946, Winston Churchill, premier ministre du royaume de Grande-Bretagne (encore une monarchie), déclare à Zurich : « Il existe un remède qui, s'il était généralement et spontanément adopté par la grande majorité des peuples dans de nombreux pays pourrait, comme par miracle, rendre l'Europe aussi libre et heureuse que la Suisse de nos jours. (…) Nous devons construire une sorte d'États-Unis d'Europe. (…) La première étape consiste à former un Conseil de l'Europe. Et de ce travail urgent, la France et l'Allemagne doivent ensemble prendre la direction. (…) Je vous dis donc : « Debout, l'Europe ! » »

 

Sous l’impulsion de Robert Schuman et de Jean Monnet, les trois républiques de France, d’Allemagne et d’Italie, et les trois monarchies du Bénélux préparent la naissance de « la Communauté européenne du charbon et de l’acier ». Le traité de Paris entérine la création du CECA en 1951. 

 

Ensuite, Jean Monnet lance le projet de « la Communauté Européenne de Défense » (CED). Les deux républiques des USA et d’Allemagne travaillent à une réduction considérable du projet.  A l’inverse, les monarchies de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg y adhèrent, ainsi que, finalement, la république fédérale d’Allemagne (après la réduction). Les deux républiques de France et d’Italie tergiversent. En 1954, après avoir grandement retardé le projet, la république française cause l’échec de l’Europe de la défense par un vote de désaveu à l’assemblée nationale ! (M. Pierre Mendès-France - radical socialiste - était pourtant au pouvoir)

 

C’est finalement en 1957 qu’est signé le traité de Rome entre les six pays déjà impliqués dans la construction européenne dont les trois monarchies du Bénélux. Ce traité qui a pour but de créer un marché commun, institue « la Communauté économique Européenne » (CEE).

 

Par la suite, le général de Gaulle, président de la république française, aura une attitude très réservée vis-à-vis de la construction européenne. Il souhaite préserver les intérêts de la France. Cependant, il participe activement à la réconciliation franco-allemande qui est formalisée par le traité de l’Elysée, en 1963.

 

La suite de l’histoire est mieux connue et la CEE compte, depuis 2007, 27 états membres.

 

Par Rodolphe Huguet

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Published by Rodolphe Huguet - dans Conférence
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