Avant son retour à Buenos Aires, le
père
Pedro a voulu en savoir plus sur les Guerres de Vendée et rendre hommage à ceux qui ont
donné leur vie pour défendre leur
foi.
Avant de quitter la Vendée, le Père Pedro a tenu à visiter l'Historial de la
Vendée,
situé aux
Lucs-sur-Boulogne. Il voulait en savoir plus sur les Guerres de Vendée. Comprendre les mécanismes du génocide. De l'histoire de la Révolution française, il connaissait les grandes lignes.
Né à
Buenos Aires de parents d'origine Slovène, il savait que les
Vendéens avaient
donné leur vie pour
défendre leur Foi. Il
ignorait en revanche les détails de leur extermination systématique.
Première étape de son pèlerinage : le Mémorial de Vendée aux Lucs-sur-Boulogne, inauguré en 1993
par Alexandre Soljenitsyne et dont l'austérité et le dépouillement l'ont beaucoup touché. Érigée en 1867 sur les ruines de
l'ancienne église
incendiée, la
chapelle des Lues lui a ensuite causé une profonde émotion. Agenouillé, seul, devant son autel, le Père Pedro a revécu l'agonie des 564 villageois dont les
noms, grâce au
recensement qu'en fit le curé de la paroisse, l'abbé
Barbedette, sont à
jamais gravés en lettres d'or sur les murs.
«J'ai
essayé de me mettre à
leur place, d'imaginer leurs souffrances et leurs cris tandis que les colonnes infernales s'acharnaient sur
elles avant de les brûler vives».
Dernière étape enfin de son pèlerinage, l'Historial, a su combler sa
soif de connaissances. Interrogeant sans relâche son guide, membre du Comité
scientifique de l'Historial et auteur du film qu'il avait visionné en introduction à sa visite du Mémorial pour comprendre les raisons du
massacre délibéré des Vendéens, le Père Pedro a voulu tout savoir des salles
consacrées au
soulèvement de la
population. «J'ai beaucoup d'admiration et d'estime pour les gens qui ont eu le courage de risquer leur vie pour
défendre leurs idéaux».
L'émotion dans sa voix réveillait d'anciens souvenirs. Le
Père Pedro est lui
même le fils d'un
résistant. En 1945,
les communistes installés en Slovénie ont massacré des milliers d'opposants. Son père était l'un d'entre eux.
Jeté vivant dans un
charnier il n'a dû qu'à ses prières d'avoir la vie sauve. Seul survivant d'une fosse de mine où périrent 5 000 personnes,
réfugié en Argentine, le père du Père Pedro n'est revenu par la suite qu'une seule fois dans son pays natal. C'était après la guerre et pour
témoigner des
atrocités commises en
Yougoslavie par le régime du général Tito.
Christine Chambard pour Vendée Matin
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