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Alliance Hauts-de-Seine

L’Alliance Royale est une formation politique fondée en 2001 et regroupant des "citoyens" (habitants de la Cité) convaincus  qu’il est temps de reposer la question des institutions dans le débat politique français. L’Alliance Royale a non seulement pour ambition de faire redécouvrir la monarchie à nos compatriotes, mais également d’inviter la France à préparer son avenir dans ses institutions.

  blasong2.jpg"D'azur à la fleur de lys d'or et à la nef antique d'argent, au chef d'argent chargé d'une fasce ondée d'azur", ainsi se décrit le blason des Hauts-de-Seine créé par Georges Weill.


    "Blason Royal du Pays d'Aunis"

16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 09:02

En 1492, Christophe Colomb découvrait l'Amérique, et pour commencer les îles qui se trouvaient sur sa route.

Au XVIè siècle, les Européens commencèrent à prendre la route du Nouveau monde, pas encore pour s'y installer mais pour y trouver ou négocier des richesses, à rapporter chez eux.

Puis vinrent les premières installations d'habitants, nous dirons pour simplifier les Espagnols et les Portugais au sud, les Anglais et les Français au nord, avec quelques frictions.

Pour m'en tenir aux Français, je me suis amusé à suivre le chemin de la langue, car à la fois nous savons que les migrants Français ne parlaient pas la même langue, selon leur région de départ, et aujourd'hui les habitants des différentes régions d'accueil ne parlent pas non plus la même langue.

Voici tout d'abord un premier lien, qui nous brosse un tableau d'ensemble pour notre région du monde, jusqu'à en arriver au XVIIè siècle, point de départ des migrants :


 Suivez ce lien, pour un article fort intéressant sur la formation de la langue en France, et plus particulièrement dans le Poitou, dont les habitants parlaient le patois "parlange" :

link

En voici donc un extrait :

La période du bas-poitevin (Du XVIe siècle au XIXe siècle)

L'histoire de France de cette période fut tourmentée comme les précédentes : guerres, consolidation de la monarchie absolue, révolution française, empires, ... Mais une tendance forte peut être dégagée : quel que soit le mode de gouvernement, il convergea vers toujours plus de centralisme et de jacobinisme, ce qui influa considérablement sur les pratiques linguistiques sur le territoire français en général, et bas-poitevin en particulier.

En 1539, une ordonnance royale imposa le français (c'est-à-dire ce qu'était devenu le francien) pour la rédaction des actes d'état-civil, les arrêts et procédures. Ce fut le début d'une série de décisions qui allait provoquer une longue mais inexorable progression du français par rapport à toutes les autres langues pratiquées en France, y compris le bas-poitevin. Le français devint langue de l'Etat, remplaçant le latin pour les écrits officiels. Dans l'immédiat, cette décision ne provoqua aucun changement dans la manière de parler des classes bas-poitevines populaires. Néanmoins, l'élite comprit dès lors que le français allait suppléer le latin pour ses échanges. Une autre diglossie commença : celle du français et du bas-poitevin.

En 1635, le cardinal Richelieu créa l'Académie française. En 1714, le français fut utilisé pour rédiger le traité de Rastadt, un document juridique international. Le français s'immisçait lentement dans les classes plus favorisées du Bas-Poitou, celles immédiatement inférieures comprenant simplement le français sans le parler, et les classes les plus populaires (les plus nombreuses) ne parlant que le patois.

En 1793, l'abbé Henri-Baptiste Grégoire publia son fameux Rapport sur la nécessité et les moyens d'anéantir les patois et d'universaliser l'usage de la langue française. Le décret du 2 Thermidor de l'an II (20 juillet 1794) fixa les peines pour les agents publics qui ne rédigeraient pas leurs actes en français. Néanmoins, le peuple bas-poitevin continua de parler ses patois, ainsi que les agents publics ou cléricaux pour peu qu'ils souhaitassent être compris à coup sûr. Mais la proximité de plus en plus grande du français par rapport au bas-poitevin en fit un adstrat envahissant : beaucoup de vocabulaire passa ainsi du français au bas-poitevin.

Pendant cette pédiode, le bas-poitevin comme les autres dialectes se simplifia et se modernisa, abandonnant par exemple la déclinaison à deux cas qui subsistait (c'est le cas régime qui survécut). En revanche, le bas-poitevin conserva de nombreuses diphtongues et triphtongues que le français perdit.

 

Comme dans le Poitou, les candidats au départ des différentes régions de France parlaient donc la langue de leur région. La langue officielle étant devenue le Français, la solution pour se comprendre fut naturellement pour tous d'adopter le Français dans le langage, si bien que les habitants du Nouveau monde (Canada, Acadie, Louisiane, Antilles..) parlèrent Français avant les habitants - ruraux - des régions métropolitaines.

Au Canada et en Acadie, la langue a évolué différemment de la nôtre, du fait des conflits entre la France et l'Angleterre qui aboutirent à l'arrachement de ces provinces francophones, puis d'une influence de l'anglais contre laquelle les habitants se sont défendus :

Article :

L'implantation du français au Canada

Compte tenu de la situation de fragmentation linguistique qui avait cours en France sous l'Ancien Régime, on peut supposer que les émigrants français parlaient leur «patois» d'origine avant d'arriver au Canada. Selon cette hypothèse, les colons auraient pu apporter avec eux leur normand, leur picard, leur aunisien, leur poitevin, leur breton, etc.

Cette question du «choc des patois» a soulevé déjà de nombreuses controverses, notamment en 1984 lorsque le linguiste Philippe Barbaud a publié une étude intitulée Le choc des patois en Nouvelle-France (Presses de l'Université Laval). Selon cet auteur, les colons français parlaient leur patois local, soit le normand, le picard, l'aunisien, le poitevin, le breton, etc., avant d'arriver au Canada. Mais ce livre a attiré les foudres des historiens qui contestent cette étude uniquement spéculative, car elle ne reposerait sur aucun fait vérifiable.

3.1 Les français régionaux importés de France

Les émigrants français sont arrivés plus massivement à partir de 1663, alors que la population canadienne n'atteignait que 2500 habitants, puis est passée à 10 000 en 1681 et 15 000 en 1700. On sait cependant que les villes françaises ont engendré cinq fois plus d'immigrants que les campagnes. Or, les habitants des villes françaises parlaient à l'époque un français régional, pas les patois. Cela signifie que les deux tiers des émigrants connaissaient déjà le français à leur arrivée au Canada, aussi régional qu'il fût! On sait aussi que les villes portuaires d'embarquement, telles que Bordeaux, La Rochelle, Rouen ou Dieppe (d'où partirent la majorité des émigrants), constituaient des centres urbains très francisés (entre 80 % à 90 %) et que les patoisants qui venaient y vivre devenaient rapidement des semi-patoisants bilingues. Les historiens croient aussi que la connaissance du français a pu servir de critère de sélection des candidats à l'émigration pour le Canada. Bref, les candidats à l'émigration pour le Canada ont généralement fait un long séjour en milieu urbain avant leur départ et avaient par conséquent acquis une bonne connaissance du français, ce qui ne signifie pas que le français était pour tous leur langue maternelle.

Cela étant dit, on peut supposer que, dans l'hypothèse la plus favorable, le tiers des émigrants ruraux arrivant au Canada aurait pu conserver encore leur patois d'origine, ce qui n'implique pas qu'ils ignoraient le français. En réalité, même les ruraux qui voulaient partir pour le Canada avaient une certaine connaissance du français, car ils n'habitaient jamais très loin des centres urbains qui furent les plus grands réservoirs d'émigrants. Selon toute vraisemblance, les pionniers d'origine rurale étaient majoritairement des francisants ou des semi-francisants (ou semi-patoisants), rarement de purs patoisants, à l'exception des émigrants provenant du sud de la France, mais pas ceux du Nord-Ouest. Quoi qu'il en soit, la plupart des ruraux étaient de toute façon en contact avec le français. Dans les faits, très rares devaient être les unilingues patoisants parmi la portion du tiers des émigrants ruraux connaissant encore leur parler régional.

De façon générale, les émigrants qu'on pourrait appeler des francisants comprenaient et parlaient l'une ou l'autre des variantes du français de l'Île-de-France ou d'une autre région importante. À part les nobles, les membres du clergé, les officiers militaires, les administrateurs et quelques grands négociants, les francisants ne parlaient pas la «langue du roy», mais un français populaire parsemé de provincialismes et d'expressions argotiques.

Les locuteurs semi-patoisants parlaient leur patois maternel, soit le normand, le poitevin, le bourguignon ou le lorrain, mais ils pouvaient comprendre l'une ou l'autre des diverses variétés du français; leur connaissance passive du français permettait donc une compréhension partielle. Quant aux patoisants, ils ignoraient totalement le français commun; lorsqu'on leur parlait en français, ils devaient recourir aux services d'un interprète. Les archives canadiennes ne révèlent qu'un seul cas connu de l'emploi d'un patois lors d'un procès qui a eu lieu dans les années 1660. Cela signifie que l'usage d'un tel patois pouvait être seulement possible, sans que l'on en sache davantage. Dans ce cas, il ne pouvait s'agir que d'émigrants du sud de la France. Selon toute probabilité, la présence des patois au Canada fut quasiment nulle ou, en tout cas, pas du tout significative.

Le professeur Lothar Wolf, de l'Université d'Augsburg en Allemagne et l'un des grands spécialistes du français québécois, conclut que la majorité des colons français qui sont arrivés en Nouvelle-France avaient déjà une connaissance du français:
 

Le provenance géographique des colons de la Nouvelle-France, leur condition sociale et leur instruction concordent avec le portrait linguistique global qui se dégage des témoignages cités et permettent raisonnablement de conclure que la majorité d'entre eux parlaient le français ou utilisaient le français avant d'émigrer. Cette situation n'aurait fait que se renforcer au sein même de la colonie, à la faveur des échanges, des mariages ou de l'instruction. («Les colons de la Nouvelle-France» dans Le français au Québec, 400 ans d'histoire et de vie, Publications du Québec, 2003, p. 25-27).

 

Le français canadien semblait donc correspondre au français courant alors en usage dans la région de Paris et parlé par le peuple de Paris. Ce n'est qu'après la Conquête anglaise que les Canadiens évolueront différemment.

3.2 Les causes de l'unification linguistique

Très tôt, le français s'est assuré la dominance en Nouvelle-France sans qu'aucune politique linguistique n'ait été élaborée ni même pensée; ce n'était pas dans les habitudes de l'époque. Néanmoins, un certain nombre de facteurs, indéniables, ont favorisé cette unification.

- Le français du roy

Le français était la langue de l'administration royale, celle des fonctionnaires, des officiers, des milices et de l'armée. Chaque année, en janvier, le gouverneur général et toute sa cour, de même que l'intendant, quittaient Québec pour Montréal (en passant par la rive nord, avec des relais à Neuville, Trois-Rivières et Berthier) et y séjournaient deux ou trois mois, amenant avec eux les bagages du personnel, les archives, les vêtements, la vaisselle et les abondantes provisions de bouche. Montréal devenait ainsi une capitale provisoire. C'est ainsi que le français du roy était répandu et entendu dans presque toute la vallée du Saint-Laurent. Tous les documents administratifs étaient rédigés en français et les ordres étaient donnés en «français du roy» aux soldats, dont un bon nombre de mercenaires (allemands et suisses). C'était également la langue du clergé, premier ordre social de la colonie: les ecclésiastiques, hommes ou femmes, ne s'exprimaient qu'en français, à l'exception des missionnaires, qui évangélisaient les Amérindiens dans leur langue. Tous les marchands, commerçants et entrepreneurs français ne parlaient généralement que le français de France.

Dans les écoles, on enseignait la religion, les mathématiques, l'histoire, les sciences naturelles et le français, lequel, rappelons-le, n'était pas encore enseigné en France aux «petites gens». Cet enseignement primaire ouvert à tous les habitants, même dans les campagnes, constituait une première pour l'époque et a certes joué un rôle non négligeable dans le processus de francisation, surtout dans le développement de la norme parisienne.

On doit souligner aussi que l'arrivée des militaires au Canada fut certainement l'une des causes ayant favorisé le plus la francisation du pays. Lorsque le régiment de Carignan-Salières débarqua à Québec à l'été de 1665, la colonie ne comptait que quelque 3200 habitants. Or, la venue subite de 1200 soldats et d'environ 80 officiers ne put qu'avoir un impact considérable sur le développement de la colonie, notamment en matière linguistique, car les communications dans l'armée royale se déroulaient exclusivement en français. Une fois la guerre finie avec les Iroquois en 1667, on estime que 30 officiers, 12 sergents et 404 soldats se prévalurent de l'offre du roi et se sont établis au Canada; plusieurs épousèrent des filles du roy. Entre 1683 et 1760, quelque 10 000 soldats et officiers des troupes de la Marine furent envoyés au Canada. Plus de la moitié des militaires sont retournés en France, mais les autres se sont établis au Canada. 

Il convient d'ajouter aussi les immigrants de passage tels les artisans, les négociants, les marchands, ceux qui exerçaient des métiers spécialisés et les «manouvriers» (des «hommes à tout faire») en forte demande au Canada. Avec les militaires, tous ces immigrants n'étaient au Canada que de passage. Eux aussi sont certainement responsables en partie de l'uniformisation linguistique dans ce pays.

 

Aux Antilles est bientôt apparue une nouvelle et forte influence :

Article :

 

La langue Créole

C'est à travers la littérature orale que le créole donne toute sa mesure. Les chants, les contes et les proverbes mettent en scène la vie des Antilles avec parfois beaucoup de justesse, la force des images suppléant à un vocabulaire limité (même s'il s'enrichit des apports du français moderne et même de l'anglais). Le créole est par essence une langue vivante. Formée loin des académies et des bibliothèques, il n'a connu pour cafés littéraires que les 'débits de la régie', où les hommes se réunissaient autour d'une bouteille de rhum et d'un jeu de dominos. Il a fleuri sur les modestes pas de portes où les mères tressaient les cheveux de leurs filles en évoquant les généalogies, les chansons du passé et les mille règles de la vie d'une femme (voir Pluie et Vent sur Télumée Miracle, de Simone SCHWARTZ-BART). La langue Créole donne sa pleine mesure lors des veillées mortuaires, une pratique rurale qui tombe en désuétude. Lors de ces veillées, les conteurs s'affrontent en des joutes oratoires où naissent et se perpétuent contes et proverbes. Le créole proprement dit est né du métissage du vocabulaire français des dix-septième et dix-huitième siècles et des tournures syntaxiques d'origine africaine, pendant l'esclavage. Arrachés à leur terre natale, les Africains déportés aux Antilles étaient éparpillés sur diverses îles, pour éviter que des tribus ne puissent se reconstituer et fomenter des révoltes. Ainsi, confrontés à la nécessité de survivre et de communiquer avec des compagnons parlant des langues différentes, les Antillais de la première heure ont-ils 'bricolé' un idiome commun, reprenant les mots français, quelques termes amérindiens (noms de plantes et d'animaux essentiellement), et liant le tout avec une syntaxe proche de celles des langues d'Afrique. Le temps a donné à l'ensemble son unité, et s'est progressivement développée toute une littérature orale créole, autour de contes, de chants et de proverbes. Le créole a gardé de cette immédiateté une spontanéité, qui transparaît dans le caractère très imagé qui fait son génie. Issu principalement du français pour le vocabulaire et des langues africaines pour la syntaxe le créole est né au début de la colonisation. Il permettait alors à des populations très différentes de communiquer entre elles. Des langues simplifiées servant seulement au troc et aux relations de travail maître- esclaves, le créole est devenue, au fil des siècles, une langue à part entière. Ses qualités d'expression ont donné naissance à une littérature et à une poésie d'une étonnante richesse. Contrairement à la plupart des langues régionales métropolitaines, le créole est  aujourd'hui encore, parlé par la totalité des Antillais, qu'ils soient noirs, hindous ou blancs. Cette langue est également devenue un moyen d'affirmer une identité, la créolité : << Ni Européens, ni Africains, ni Asiatiques, nous nous proclamons Créoles. Cela sera pour nous une attitude intérieure mieux : une vigilance, ou mieux encore, une sorte d'enveloppe mentale au mitan de laquelle se bâtira notre monde en pleine conscience du monde. >> ( jean Bernabé, Patrick Chamoiseau, Raphël Confiant ) >

 

Ainsi, voici comment les langues des hommes évoluent, depuis l'origine jusqu'à nos jours, s'adaptant aux réalités géographiques, démographiques, politiques ou économiques.
A l'heure où, la France ayant perdu son rôle de premier plan dans le monde, nous nous inquiétons de l'importance grandissante de l'anglais, qui s'impose comme langue internationale, il est cependant amusant de surprendre par jeu, dans les nombreuses séries TV américaines diffusées chez nous, un nombre considérable de mots français (plus ou moins déformés), qui n'existaient pas dans le langage américain - et encore moins anglais - il y a seulement 10 ans.

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10 mai 2010 1 10 /05 /mai /2010 14:56

 

Au début du XVIIè siècle, alors que les îles des Antilles avaient été découvertes 150 ans auparavant, les Européens ne les avaient pas encore occupées.

 

Certains "entrepreneurs" avaient certes entamé des échanges avec les populations "Caraïbes", en venant planter du pétum (tabac), puis revenant l'année suivante chercher la récolte pour la rapporter en Europe.

 

En 1610, année de l'assassinat du bon roi Henri IV, naît à Saint Mars la Réorthe - seigneurie de Mallion (Vendée), Jean Jahan, qui deviendra l'ancêtre de la très nombreuse famille de Jaham, implantée aux Antilles depuis la première heure, comme nous allons le voir.

 

Jean Jahan, ou Jaham de Vertpré, embarque en effet au Havre en 1635 sur le navire le "Don de Dieu florissant", comme alloué pour 3 ans à la Compagnie de Saint Christophe, première petite île des Antilles alors "habitée".

 

Au bout de quelques mois, il est requis par la Compagnie pour se transporter sur l'île de la Martinique pour l' "habiter" à son tour, c'est à dire "habituer" le sol (le cultiver) et produire des richesses (le pétum), constituer des défenses, prendre les armes pour se défendre.

 

Sa vie de risque, de courage et d'aventure, permettra l'implantation des "habitants" (nom antérieur à celui de "colons") aux Antilles, particulièrement la Martinique et Grenade. Il fut récompensé par l'obtention de deux riches domaines à la Martinique.

 

Marié deux fois, il a aujourd'hui une nombreuse descendance, ses fils ont été anoblis.

 

Ce sont sur les traces de Jean Jaham que ses descendants se sont retrouvés ce week-end, qui venant de Martinique, qui venant de différentes régions de métropole : Bretagne, Île de France, Bordeaux..., jusqu'à une famille américaine de Washington.

 

Une exposition sur la famille de Jaham est visible actuellement et pour 15 jours au musée de BRHAM, à Mauléon.


Exposition Jaham-Mauléon

 

***


Mais au delà du pèlerinage sur les traces de Jean, c'est le coeur de la Vendée militaire que nous avons traversé.

Au musée du BRHAM est exposée une maquette représentant la bataille du 5 juillet 1793 à Châtillon-sur-Sèvre qui était alors capitale de la Vendée Militaire, mais aussi des drapeaux des soldats vendéens :

Drapeau-GV1.JPG

Drapeau-GV2.JPG

 

A Saint Aubin, où fut dite la messe du dimanche à l'intention des descendants de Jaham et de ceux qui les ont précédé, est visible la plaque commémorant l'inhumation du Général de La Rochejaquelein :

La-Rochejaquelein.JPG

 

Fort heureusement, nous avons bénéficié d'un brillant exposé sur les guerres de Vendée, les victoires remportées sur les troupes révolutionnaires (Cholet, Angers), un premier coup d'arrêt à Nantes, puis les difficultés croissantes, les déplacements d'hommes armés et de leurs familles poursuivis par les Bleus, la fin de l'armée catholique et royale.

 

Et puis, bien sûr, le génocide vendéen accompli par les Colonnes infernales, brûlant tout, tuant tout, sur ordre du Comité de Salut Public (sic).

 

Voici donc un week-end chargé en émotion, qui doit nous rappeler d'où nous venons et quelles sont les pages d'Histoire de gloire, d'espoir et de courage, d'horreurs, de fidélité, de trahison, telle qu'elle n'est pas racontée dans les livres scolaires.

 

Cette Histoire est celle de la famille de Jaham, entre Vendée et Antilles, elle est notre Histoire à tous, Français unis par nos rois, massacrés par les révolutionnaires et, si nous n'y prenons pas garde, un jour dissous dans un mondialisme dépourvu d'humanité.

*

A l'issue de cet article, je tiens à publier ici la réaction inquiète du président de l'association "Descendants de Jaham" qui nous a réunis :

"Le texte résume notre week-end, mais je tiens à vous rappeler que notre association "Descendants Jaham" est là pour "rassembler fraternellement" tous les descendants directs de notre ancêtre ainsi que leurs conjoints quelqu'ils soient et quelque soit leur opinion.
 
Je m'élève donc fermement contre toute "récupération politique" de nos actions.
 
Je vous demande de conserver l'image et l'esprit du signe de paix que nous avons échangé lors de la célébration de la messe par le Père Loïc HUYGHUES DESPOINTES, ainsi que la chaude amitié qui nous a réunie."

 

et à préciser ce qui suit :

J'ai pour ma part, assisté fort heureusement à cette réunion, au cours de laquelle j'ai appris beaucoup sur cet ancêtre de mon épouse et de mes enfants, qui s'est arraché au sol de France pour aller découvrir l'inconnu, et y faire souche.

Bien entendu, le sujet n'étant pas ce jour-là à la politique, je n'ai à aucun moment abordé le sujet.

Cependant, il se trouve que je suis délégué de l'Alliance royale pour le Poitou, et que par conséquent la Vendée est incluse dans mon périmètre d'influence. Visiter ainsi ce pays ravagé par les troupes révolutionnaires ne pouvait me laisser indifférent.

Le rassemblement, d'une part, et l'évocation de l'histoire des guerres de Vendée, d'autre part, n'étant pas liés, cet article sépare clairement les deux parties.

* 

Enfin, je citerai ici une récente déclaration (dans un tout autre contexte, un autre lieu, mais le même jour, celui de la fête de Sainte Jeanne d'Arc) du porte parole de l'ALLIANCE ROYALE Patrick de VILLENOISY, apportant cette note paisible propre à L'ALLIANCE ROYALE, qui cita la parole de Jésus Christ en rappelant lors d'une intervention calme, éloignée de tout ton passionnel mais pleine de sage raison q' "Un royaume divisé contre lui-même est appelé à disparaître" ce qui est bien le propre de la république qui divise continuellement le peuple, rappelant que le seul régime politique qui rassemble vraiment est la royauté car le Roi rassemble et ne divise pas.

Lecteur, sois assuré que l'esprit de paix règne pleinement dans le coeur des militants d'un parti consacré au Sacré Coeur de Jésus.



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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 15:15
Messe du 27 mars :

Férie de carême

1ère lecture : Le Seigneur refera l'unité de son peuple autour du Messie

Ez 37, 21-28
Lecture du livre d'Ezékiel

La Parole du Seigneur me fut adressée : « Tu diras aux gens de ton peuple : Ainsi parle le Seigneur Dieu :

J'irai prendre les fils d'Israël parmi les nations où ils sont allés. Je vais les rassembler de partout et les ramener sur leur terre. J'en ferai une seule nation dans le pays, sur les montagnes d'Israël.

Ils n'auront tous qu'un seul roi ; ils ne formeront plus deux nations ; ils ne seront plus divisés en deux royaumes.

Ils ne vont plus se souiller avec leurs idoles et leurs horreurs, avec toutes leurs révoltes. Je les sauverai en les retirant des lieux où ils ont péché, je les purifierai. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu.

Mon serviteur David régnera sur eux ; ils n'auront tous qu'un seul berger ; ils obéiront à mes décrets, ils observeront fidèlement mes commandements.

Ils habiteront le pays que j'ai donné à mon serviteur Jacob, le pays que leurs pères ont habité. Ils l'habiteront, eux-mêmes et leurs enfants, et les enfants de leurs enfants, pour toujours.

David, mon serviteur, sera leur prince pour toujours. Je conclurai avec eux une Alliance de paix, une Alliance éternelle. Je les rétablirai, je les multiplierai, je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours.

Ma demeure sera chez eux, je serai leur Dieu et ils seront mon peuple. Alors les nations sauront que je suis le Seigneur, celui qui sanctifie Israël, lorsque mon sanctuaire sera au milieu d'eux pour toujours. »
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 18:41

 

Déclaration de Louis XVI à tous les Français, à sa sortie de Paris
20 juin 1791

 


Tant que le Roi a pu espérer voir renaître l'ordre et le bonheur du royaume par les moyens employés par l'Assemblée nationale, et par sa résidence auprès de cette Assemblée dans la capitale du Royaume, aucun sacrifice personnel ne lui a coûté ; il n'aurait pas même argué de la nullité dont le défaut absolu de liberté entache toutes les démarches qu'il a faites depuis le mois d'octobre 1789, si cet espoir eût été rempli. Mais aujourd'hui que la seule récompense de tant de sacrifices est de voir la destruction de la royauté, de voir tous les pouvoirs méconnus, les propriétés violées, la sûreté des personnes mise partout en danger, les crimes rester impunis, et une anarchie complète s'établir au-dessus des lois, sans que l'apparence d'autorité que lui donne la nouvelle Constitution soit suffisante pour réparer un seul des maux qui affligent le royaume, le Roi, après avoir solennellement protesté contre tous les actes émanés de lui pendant sa captivité, croit devoir mettre sous les yeux des Français et de tout l'Univers le tableau de sa conduite, et celui du Gouvernement qui s'est établi dans le royaume.

 

On a vu Sa Majesté, au mois de juillet 1789, pour écarter tout sujet de défiance, renvoyer les troupes qu'elle n'avait appelées auprès de sa personne qu'après que les étincelles de révolte s'étaient déjà manifestées dans Paris et dans le régiment même de ses gardes. Le Roi, fort de sa conscience et de la droiture de ses intentions, n'a pas craint de venir seul parmi les citoyens armés de la Capitale.

 

Au mois d'octobre de la même année, le Roi, prévenu depuis longtemps des mouvements que les factieux cherchaient à exciter, dans la journée du 5 fut averti assez à temps pour pouvoir se retirer où il eût voulu ; mais il craignit qu'on ne se servit de cette démarche pour allumer la guerre civile, et il aima mieux se sacrifier personnellement, et ce qui était plus déchirant pour son cœur, mettre en danger la vie des personnes qui lui sont le plus chères. Tout le monde sait les événements de la nuit du 6 octobre, et l'impunité qui les couvre depuis près de deux ans. Dieu seul a empêché l'exécution des plus grands crimes, et a détourné de la nation française une tache qui aurait été ineffaçable.

 

Le Roi, cédant au vœu manifesté par l'armée des Parisiens, vint s'établir avec sa famille au château des Tuileries. Il y avait plus de cent ans que les Rois n'y avaient fait de résidence habituelle, excepté dans la minorité de Louis XV. Rien n'était prêt pour recevoir le Roi, et la disposition des anciens appartements est bien loin de procurer les commodités auxquelles Sa Majesté était accoutumée dans les autres maisons Royales, et dont tout particulier qui a de l'aisance peut jouir. Malgré la contrainte qui avait été apportée, et les incommodités de tout genre qui suivaient le changement de séjour du Roi, fidèle au système de sacrifice que Sa Majesté s'était fait pour procurer la tranquillité publique, elle crut, dès le lendemain de son arrivée à Paris, devoir rassurer les provinces sur son séjour dans la Capitale, et inviter l'Assemblée à se rapprocher de lui, en venant continuer ses travaux dans le même ville.

 

Mais un sacrifice plus pénible était réservé au cœur de Sa Majesté ; il fallut qu'elle éloignât d'elle les gardes du corps de la fidélité desquels elle venait d'avoir une preuve bien éclatante dans la funeste matinée du 6 ; deux avaient péri victimes de leur attachement au Roi et à sa famille, et plusieurs autres blessés grièvement en exécutant strictement les ordres du Roi qui leur avait défendu de tirer sur la multitude égarée. L'art des factieux a été bien grand pour faire envisager sous des couleurs si noires une troupe aussi fidèle, et qui venait de mettre le comble à la bonne conduite qu'elle avait toujours tenue. Mais ce n'était pas tant contre les gardes du corps que leur intention était dirigée, c'était contre le Roi lui-même. On voulait l'isoler entièrement en le privant du service de ses gardes du corps dont on n'avait pas pu égarer les esprits, comme on avait réussi auprès de ceux du régiment des Gardes Françaises qui, peu de temps auparavant, était le modèle de l'armée.

 

C'est aux soldats de ce même régiment, devenu troupe soldée par la ville de Paris, et aux Gardes Nationaux volontaires de cette même ville, que la garde du Roi a été confiée. Ces troupes sont entièrement sous les ordres de la municipalité de Paris, dont le commandant général relève, et le Roi s'est vu par là prisonnier dans ses propres Etats ; car comment peut-on appeler autrement l'état d'un Roi qui ne commande à sa Garde que pour les choses de parade, qui ne nomme à aucune des places, et qui même est obligé de se voir entouré de plusieurs personnes dont il connaît les mauvaises intentions pour lui et pour sa famille ?

 

Ce n'est pas pour inculper la Garde Nationale parisienne et les troupes du centre, c'est pour faire connaître l'exacte vérité que le Roi relève ces faits ; et en la faisant connaître, il aime à rendre justice au zèle pour le bon ordre et à l'attachement qu'en général cette troupe lui a montrés pour sa personne, lorsque les esprits ont été laissés à eux-mêmes, et qu'ils n'ont pas été égarés par les clameurs et les mensonges des factieux.

 

Mais plus le Roi a fait des sacrifices pour le bonheur de ses peuples, plus les factieux ont travaillé pour qu'ils en méconnussent le prix, et présenter la royauté sous les couleurs les plus fausses et les plus odieuses.

 

La convocation des États Généraux, le doublement des députés du Tiers État, les peines que le Roi a prises pour aplanir toutes les difficultés qui pouvaient retarder l'assemblée des États Généraux, et celles qui s'étaient élevées depuis leur ouverture ; tous les retranchements que le Roi avait faits sur sa dépense personnelle, tous les sacrifices qu'il a faits à ses peuples dans la séance du 23 juin, enfin la réunion des Ordres, opérée par la manifestation du vœu du Roi, mesure que Sa Majesté jugea alors indispensable pour l'activité des États Généraux : tous ses soins, toutes ses peines, toute sa générosité, tout son dévouement pour son peuple, tout a été méconnu, tout a été dénaturé.

 

Lorsque les États Généraux s'étant donnés le nom d'Assemblée nationale, ont commencé à s'occuper de la Constitution du royaume, qu'on se rappelle les mémoires que les factieux ont eu l'adresse de faire venir de plusieurs provinces, et les mouvements de Paris, pour faire manquer les députés à une des principales clauses portée dans tous leurs cahiers, qui portait que — la confection des lois se ferait de concert avec le Roi —. Au mépris de cette clause l'Assemblée a mis le Roi tout à fait hors de la Constitution en lui refusant le droit d'accorder ou de refuser sa sanction aux articles qu'elle regarde comme constitutionnels, en se réservant le droit de ranger dans cette classe tous ceux qu'elle juge à propos, et en restreignant sur ceux purement législatifs, la prérogative royale à un droit de suspension jusqu'à la troisième législature, droit purement illusoire, comme tant d'exemples ne le prouvent que trop.

 

Que reste-t-il au Roi autre chose que le vain simulacre de la royauté ? On lui a donné vingt-cinq millions pour sa Liste civile ; mais la splendeur de la Maison qu'il doit entretenir pour faire honneur à la dignité de la Couronne de France, et les charges qu'on a rejetées dessus, même depuis l'époque où ces fonds ont été réglés, doivent en absorber la totalité. On lui a laissé l'usufruit de quelques-uns des domaines de la Couronne, avec plusieurs formes gênantes pour leur jouissance. Ces domaines ne sont qu'une petite partie de ceux que les Rois ont possédé de toute ancienneté, ou des patrimoines des ancêtres de Sa Majesté qu'ils ont réunis à la Couronne. On ne craint pas d'avancer que si tous ces objets étaient réunis, ils dépasseraient de beaucoup les sommes allouées pour l'entretien du Roi et de sa famille, et qu'alors il n'en coûterait rien au peuple pour cette partie.

 

"Une remarque qui coûte à faire au Roi, est l'attention qu'on a eue de séparer, dans tous les arrangements sur la finance et toutes les autres parties, les services rendus au Roi personnellement, ou à l'Etat, comme si ces objets n'étaient pas vraiment inséparables, et que les services rendus à la personne du Roi ne l'étaient pas à l'Etat.

Qu'on examine ensuite les diverses parties du gouvernement :

 

LA JUSTICE. Le Roi n'a aucune participation à la confection des lois, il a le simple droit d'empêcher jusqu'à la troisième législature sur les objets qui ne sont pas réputés constitutionnels, et celui de prier l'Assemblée nationale de s'occuper de tel ou tel objet, sans avoir le droit d'en faire la proposition formelle. La Justice se rend au nom du Roi, les provisions des juges sont expédiées par lui, mais ce n'est qu'une affaire absolument de forme, et le Roi a seulement la nomination des commissaires du Roi, places nouvellement créées qui n'ont qu'une partie des attributions des anciens procureurs généraux, et sont seulement destinés à faire maintenir l'exécution des formes : toute la partie publique est dévolue à un autre officier de justice. Ces places de commissaires sont à vie et non révocables, pendant que l'exercice de celles de juges ne doit durer que six années. Un des derniers décrets de l'Assemblée vient de priver le Roi d'une des plus belles prérogatives attachées partout à la Royauté : celle de faire grâce et de commuer les peines. Quelques parfaites que soient les lois, il est impossible qu'elles prévoient tous les cas ; et ce sera alors les jurés qui auront véritablemnt le droit de faire grâce, en appliquant suivant leur volonté le sens de la loi, quoique les apparences paraissent contraires. D'ailleurs combien cette disposition ne diminue-t-elle pas la Majesté Royale aux yeux des peuples, étant accoutumés depuis si longtemps à recourir au Roi dans leurs besoins et dans leurs peines, et à voir en lui le père commun qui pouvait soulager leurs afflictions !

 

L'ADMINISTRATION INTÉRIEURE. Elle est tout entière dans les mains des départements, des districts et des municipalités, ressorts trop multipliés qui nuisent au mouvement de la machine, et qui souvent peuvent se croiser. Tous ces corps sont élus par le peuple et ne ressortissent du gouvernement, d'après les décrets, que pour leur exécution et celle des ordres particuliers qui en sont la suite. D'un côté ils n'ont aucune grâce à en attendre, et de l'autre les manières de punir ou de réprimer leurs fautes, comme elles sont établies par les décrets, ont des formes si compliquées qu'il faudrait des cas bien extraordinaires pour pouvoir s'en servir, ce qui réduit à bien peu de chose la surveillance que les ministres doivent avoir sur eux. Ces corps ont d'ailleurs acquis peu de force et de considération, et les Sociétés des Amis de la Constitution qui ne sont pas responsables, se trouvent bien plus fortes qu'eux, et par là l'action du gouvernement devient nulle. Depuis leur établissement, on a vu plusieurs exemples que, quelque bonne volonté qu'ils eussent pour maintenir le bon ordre, ils n'ont pas osé se servir des moyens que la loi leur donnait, par la crainte du peuple poussé par d'autres intigations.

 

Les corps électoraux, quoiqu'ils n'aient aucune action, et soient restreints aux élections, ont une force réelle par leur masse, par leur durée biennale, et par la crainte naturelle aux hommes, et surtout à ceux qui n'ont pas d'état fixe, de déplaire à ceux qui peuvent servir ou nuire.

 

La disposition des forces militaires est, par les décrets, dans la main du Roi. Il a été déclaré chef suprême de l'Armée et de la Marine. Mais tout le travail de formation de ces deux armes a été fait par les Comités de l'Assemblée sans la participation du Roi ; tout, jusqu'au moindre réglement de discipline, a été fait par eux ; et s'il reste au Roi le tiers ou le quart des nominations, suivant les occasions, ce droit devient à peu près illusoire par les obstacles et les contrariétés sans nombre que chacun se permet contre les choix du Roi. On l'a vu être obligé de refaire tout le travail des officiers généraux de l'Armée, parce que ces choix déplaisaient aux Clubs ; en cédant ainsi, Sa Majesté n'a pas voulu sacrifier d'honnêtes et braves militaires, et les exposer aux violences qu'on aurait sûrement exercées contre eux, comme on n'en a vu que de trop fâcheux exemples. Les Clubs et les corps administratifs se mêlent des détails intérieurs des troupes qui doivent être absolument étrangers même à ces derniers, n'ayant que le droit de requérir la force publique lorsqu'ils pensent qu'il y a lieu à l'employer. Ils se sont servis de ce droit quelquefois même pour contrarier les dispositions du gouvernement sur la distribution des troupes, de manière qu'il est arrivé plusieurs fois qu'elles ne se trouvaient pas où elles devaient être. Ce n'est qu'aux Clubs qu'on doit attribuer l'esprit de révolte contre les officiers et la discipline militaire qui se répand dans beaucoup de régiments, et qui, si on n'y met bon ordre efficacement, sera la destruction de l'Armée. Que devient une armée quand elle n'a plus ni chefs ni discipline ? Au lieu d'être la force et la sauvegarde d'un Etat, elle en devient alors la terreur et le fléau. Combien les soldats français, quand ils auront les yeux dessillés, ne rougiront-ils pas de leur conduite, et ne prendront-ils pas en horreur ceux qui ont perverti le bon esprit qui régnait dans l'Armée et la Marine françaises ? Funestes dispositions que celles qui ont encouragé les soldats et les marins à fréquenter les Clubs ! Le Roi a toujours pensé que la loi doit être égale pour tous ; les officiers qui sont dans leur tort doivent être punis, mais ils doivent l'être, comme les subalternes, suivant les dispositions établies par les lois et règlements. Toutes les portes doivent être ouvertes pour que le mérite se montre et puisse avancer ; tout le bien-être qu'on peut donner aux soldats est juste et nécessaire ; mais il ne peut pas y avoir d'armée sans officiers, et il n'y en aura jamais tant que les soldats se croiront en droit de juger la conduite de leurs chefs.

 

AFFAIRES ÉTRANGÈRES. La nomination aux places de ministres dans les Cours étrangères a été réservée au Roi, ainsi que la conduite des négociations ; mais la liberté du Roi pour ces choix est aussi nulle que pour ceux des officiers de l'Armée ; on en a vu l'exemple à la dernière nomination. La révision et confirmation des traités, que s'est réservé l'Assemblée nationale, et la nomination d'un Comité diplomatique, détruit (sic) absolument la seconde disposition. Le droit de faire la guerre ne serait qu'un droit illusoire, parce qu'il faudrait être insensé pour croire qu'un roi qui n'est ni ne veut être despote, allât, de but en blanc, attaquer un autre royaume lorsque le vœu de la nation s'y opposerait et qu'elle n'accorderait aucun subside pour la soutenir. Mais le droit de faire la paix est d'un tout autre genre. Le Roi, qui ne fait qu'un avec la nation, qui ne peut avoir d'autre intérêt que le sien, connaît ses besoins et ses ressources, et ne craint pas alors de prendre les engagements qui lui paraissent propres à assurer son bonheur et sa tranquilité. Mais quand il faudra que les conventions subissent la révision et la confirmation de l'Assemblée nationale, aucune puissance étrangère ne voudra prendre des engagements qui peuvent être rompus par d'autres que par celui avec qui elle contracte ; et alors, tous les pouvoirs se concentrent dans cette même Assemblée. D'ailleurs, quelque franchise qu'on mette dans les négociations, est-il possible d'en confier le secret à une Assemblée dont les délibérations sont nécessairement publiques !

 

FINANCES. Le Roi avait déclaré, bien avant la convocation des États Généraux, qu'il reconnaissait dans les Assemblées de la nation le droit d'accorder des subsides, et qu'il ne voulait plus imposer les peuples sans leur consentement. Tous les cahiers des députés aux États Généraux s'étaient accordés à mettre le rétablissement des finances au premier rang des objets dont cette Assemblée devait s'occuper ; quelques-uns y avaient mis des restrictions pour des articles à faire décider préalablement. Le Roi a levé les difficultés que ces restrictions auraient pu occasionner, en allant au-devant lui-même et accordant, dans la séance du 23 juin, tout ce qui avait été désiré. Le 4 février 1790, le Roi a pressé l'Assemblée de s'occuper efficacement d'un objet si important ; elle ne s'en est occupé que tard et d'une manière qui peut paraître imparfaite. Il n'y a point encore de tableau exactement fait des recettes et des dépenses, et des ressources qui peuvent servir à combler le déficit. On s'est laissé aller à des calculs hypothétiques. L'Assemblée s'est pressée de détruire plusieurs impôts dont la lourdeur, à la vérité, pesait beaucoup sur le peuple, mais qui donnaient des ressources assurées ; elle les a remplacés par un impôt presque unique dont la levée exacte sera peut-être très difficile. Les contributions ordinaires sont à présent très arrièrées, et la ressource extraordinaire des douze premiers millions d'assignats est déjà presque consommée. Les dépenses des départements de la Guerre et de la Marine, au lieu d'être diminuées, sont augmentées, sans y comprendre celles que des armements nécessaires ont occasionnées dans la dernière année. Pour l'administration de ce département, les rouages ont été fort multipliés, en en confiant les recettes aux administrations de districts. Le Roi qui le premier n'avait pas craint de rendre publics les comptes de son administration des finances, et avait montré la volonté que les comptes publics fussent établis comme une règle du gouvernement, a été rendu, si cela est possible, encore plus étranger à ce département qu'aux autres ; et les préventions, les jalousies, et les récriminations contre le gouvernement ont été plus répandues encore sur cet objet. Le règlement des fonds, le recouvrement des impositions, la répartition entre les départements, les récompenses pour services rendus, tout a été ôté à l'inspection du Roi, et il ne lui reste que quelques stériles nominations, et pas même la distribution de quelques gratifications à donner aux indigents. Le Roi connaît les difficultés de cette administration, et s'il était possible que la machine du gouvernement pût aller sans sa surveillance directe sur la gestion des finances, il ne regretterait que de ne pouvoir plus travailler par lui-même à établir un ordre qui pût faire parvenir à la diminution des impositions — objet qu'on sait que Sa Majesté a toujours vivement désiré, et qu'elle eût pu effectuer sans les dépenses de la dernière guerre —, et de ne plus avoir la distribution des secours pour le soulagment des malheureux.

 

Enfin par les décrets le Roi est déclaré chef suprême de l'administration du royaume ; d'autres décrets subséquents ont réglé l'organisation du ministère, de manière que le Roi, que cela doit regarder plus directement, ne peut pourtant y rien changer sans décision de l'Assemblée. Le système des chefs du parti dominant a été si bien suivi, de jeter une telle méfiance sur tous les agents du gouvernement, qu'il devient presque impossible aujourd'hui de remplir les places de l'administration. Tout gouvernement ne peut pas marcher ni subsister sans une confiance réciproque entre les administrateurs et les administrés, et les derniers règlements proposés à l'Assemblée nationale sur les peines à infliger aux ministres ou aux agents du pouvoir exécutif qui seraient prévaricateurs, ou seraient jugés avoir dépassé les limites de leur puissance, doivent faire naître toutes sortes d'inquiétudes, — ces dispositions pénales s'étendent même jusqu'aux subalternes, ce qui détruit toute subordination, les inférieurs ne devant jamais juger les ordres de leurs supérieurs qui sont responsables de ce qu'ils ordonnent —. Ces règlements, par la multiplicité des précautions et des genres de délits qui y sont indiqués, ne tendent qu'à inspirer de la méfiance au lieu de la confiance qui serait nécessaire.

 

Cette forme de gouvernement, si vicieuse en elle-même, le devient plus encore par deux causes :

 

1er/ L'Assemblée, par le moyen de ses Comités, excède à tout moment les bornes qu'elle s'est prescrites ; elle s'occupe d'affaires qui tiennent uniquement à l'administration intérieure du royaume et à celle de la Justice, et cumule ainsi tous les pouvoirs. Elle exerce même par son Comité des Recherches, un véritable despotisme plus barbare et plus insupportable qu'aucun de ceux dont l'histoire ait jamais fait mention.

 

2°/ Il s'est établi dans presque toutes les villes, et même dans plusieurs bourgs et villages du Royaume, des associations connues sous le nom des Amis de la Constitution : contre la teneur des décrets, elles ne souffrent aucune autre qui ne soit pas affiliée avec elles, ce qui forme une immense corporation plus dangereuse qu'aucune de celles qui existaient auparavant. Sans y être autorisées, mais même au mépris de tous les décrets, elles délibèrent sur toutes les parties du gouvernement, correspondent entre elles sur tous les objets, font et reçoivent des dénonciations, affichent des arrêtés, et ont pris une telle prépondérance que tous les corps adminitratifs et judiciaires, sans en excepter l'Assemblée nationale elle-même, obéissent presque toujours à leurs ordres.

 

Le Roi ne pense pas qu'il soit possible de gouverner un royaume d'une si grande étendue et d'une si grande importance que la France par les moyens établis par l'Assemblée nationale tels qu'ils existent à présent. Sa Majesté, en accordant à tous les décrets indistinctement une sanction qu'elle savait bien ne pas pouvoir refuser, y a été déterminée par le désir d'éviter toute discussion que l'expérience lui avait appris être au moins inutile; elle craignait de plus qu'on ne pensât qu'elle voulût retarder ou faire manquer les travaux de l'Assemblée nationale à la réussite desquels la nation prenait un si grand intérêt. Elle mettait sa confiance dans les gens sages de cette Assemblée qui reconnaissaient qu'il était plus aisé de détruire un gouvernement que d'en reconstruire un sur des bases toutes différentes, et qui avaient plusieurs fois senti la nécessité, lors de la révision annoncée des décrets, de donner une force d'action et de coaction nécessaire à tout gouvernement ; ils reconnaissent aussi l'utilité d'inspirer pour ce gouvernement et pour les lois qui doivent assurer la prospérité et l'état de chacun, une confiance telle qu'elle ramenât dans le royaume tous les citoyens que le mécontentement dans quelques-uns, et dans la plupart la crainte pour leur vie ou pour leur propriété, ont forcés de s'expatrier.

 

Mais plus l'Assemblée approche du terme de ses travaux, plus on voit les gens sages perdre de leur crédit, plus les dispositions qui ne peuvent mettre que de la difficulté et même de l'impossibilité dans la conduite du gouvernement, et inspirer pour lui de la méfiance et de la défaveur, augmentent tous les jours. Les autres règlements, au lieu de jeter un baume salutaire sur les plaies qui saignent encore dans plusieurs provinces, ne font qu'accroître les inquiétudes et aigrir les mécontentements. L'esprit des Clubs domine tout et envahit tout, les mille journaux et pamphlets calomniateurs et incendiaires qui se répandent journellement ne sont que leurs échos, et préparent les esprits de la manière dont ils veulent les conduire. L'Assemblée nationale n'a jamais osé remédier à cette licence bien éloignée d'une vraie liberté; elle a perdu son crédit et même la force dont elle aurait besoin pour revenir sur ses pas et changer ce qui lui paraîtrait bon à être corrigé. On voit par l'esprit qui règne dans les Clubs, et la manière dont ils s'emparent des nouvelles assemblées primaires, ce qu'on doit attendre d'eux ; et s'ils laissent apercevoir quelques dispositions à revenir sur quelque chose, c'est pour détruire les restes de la royauté que les premiers décrets ont laissé subsister, et établir un gouvernement métaphysique et philosophique impossible dans son exécution.

 

Français, est-ce là ce que vous attendiez en envoyant vos représentants à l'Assemblée nationale ? Désiriez-vous que l'anarchie et le despotisme des Clubs remplaçât le gouvernement monarchique sous lequel la nation a prospéré pendant quatorze cents ans ? Désiriez-vous voir votre Roi comblé d'outrages et privé de sa liberté pendant qu'il ne s'occupait que d'établir la vôtre ?

 

L'amour pour ses rois est une des vertus des Français, et Sa Majesté en a reçu personnellement des marques trop touchantes pour pouvoir jamais les oublier. Les factieux sentaient bien que tant que cet amour subsisterait, leur ouvrage ne pourrait jamais s'achever. Ils sentirent également que pour l'affaiblir, il fallait, s'il était possible, anéantir le respect qui l'a toujours accompagné ; et c'est la source de tous les outrages que le Roi a reçus depuis deux ans, et de tous les maux qu'il a soufferts. Sa Majesté n'en retracerait pas ici l'affligeant tableau si elle ne voulait faire connaître à ses fidèles sujets l'esprit de ces factieux qui déchirent le sein de la patrie en feignant de vouloir la régénérer.

 

Ils profitèrent de l'espèce d'enthousiasme où l'on était pour M. Necker, pour lui procurer sous les yeux mêmes du Roi un triomphe d'autant plus éclatant que dans le même instant les gens qu'ils avaient soudoyés pour cela affectèrent de ne faire aucune attention à la présence du Roi. Enhardis par ce premier essai, ils osèrent dès le lendemain, à Versailles, faire insulter M. l'archevêque de Paris, le poursuivre à coup de pierres, et mettre sa vie dans le plus grand danger. Lorsque l'insurrection éclata dans Paris, un courrier que le Roi avait envoyé fut arrêté, publiquement fouillé, et les lettres du Roi même furent ouvertes. Pendant ce temps l'Assemblée nationale semblait insulter à la douleur de Sa Majesté en ne s'occupant qu'à combler de marques d'estime ces mêmes ministres dont le renvoi a servi de prétexte à l'insurrection, et que depuis elle n'a pas mieux traités pour cela. Le Roi s'étant déterminé à aller porter lui-même des paroles de paix dans la capitale, des gens apostés sur toute la route eurent grand soin d'empêcher ces cris de vive le Roi si naturels aux Français, et les harangues qu'on lui fit, loin de porter l'expression de la reconnaissance, ne furent remplies que d'une ironie amère.

 

Cependant on accoutumait de plus en plus le peuple au mépris de la royauté et des lois : celui de Versailles essayait de pendre deux houzards à la grille du château, arrachait un parricide au supplice, s'opposait à l'entrée d'un détachement de chasseurs destiné à maintenir le bon ordre, tandis qu'un énergumène faisait publiquement au Palais Royal la motion de venir enlever le Roi et son fils, de les garder à Paris, et d'enfermer la Reine dans un couvent, et que cette motion, loin d'être rejetée avec l'indignation qu'elle aurait dû exciter, était applaudie. L'Assemblée de son côté, non contente de dégrader la royauté par ses décrets, affectait du mépris même pour la personne du Roi, et recevait d'une manière qu'il est impossible de qualifier convenablement, les observations du Roi sur les décrets de la nuit du 4 au 5 août.

 

Enfin arrivèrent les journées du 5 au 6 octobre : le récit en serait superflu, et Sa Majesté l'épargne à ses fidèles sujets ; mais elle ne peut pas s'empêcher de faire remarquer la conduite de l'Assemblée pendant ces horribles scènes. Loin de songer à les prévenir ou du moins à les arrêter, elle resta tranquille et se contenta de répondre à la motion de se transporter en corps chez le Roi, que cela n'était pas de sa dignité.

 

Depuis ce moment, presque tous les jours ont été marqués par de nouvelles scènes plus affligeantes les unes que les autres pour le Roi, ou par de nouvelles insultes qui lui ont été faites. A peine le Roi était-il aux Tuileries qu'un innocent fut massacré, et sa tête promenée dans Paris presque sous les yeux du Roi. Dans plusieurs provinces, ceux qui paraissaient attachés au Roi ou à la Couronne, ont été persécutés, plusieurs même ont perdu la vie sans qu'il fut possible au Roi de faire punir les assassins, ou même d'en témoigner de la sensibilité. Dans le jardin même des Tuileries, tous les députés qui ont parlé contre le Roi ou contre la religion — car les factieux dans leur rage n'ont pas plus respecté l'autel que le trône — ont reçu les honneurs du triomphe, pendant que ceux qui pensent différemment y sont à tout moment insultés, et leur vie même est continuellement menacée.

 

A la fédération du 14 juillet 1790, l'Assemblée, en nommant le Roi par un décret spécial pour en être le chef, s'est montrée par là penser qu'elle aurait pu en nommer un autre. A cette même cérémonie, malgré la demande du Roi, la famille royale a été placée dans un endroit séparé de celui qu'il occupait, chose inouïe jusqu'à présent. — C'est pendant cette fédération que le Roi a passé les moments les plus doux de son séjour à Paris ; elle s'arrête avec complaisance sur le souvenir des témoignages d'attachement et d'amour que lui ont donné les gardes nationaux de toute la France rassemblés pour cette cérémonie.

 

Les ministres du Roi, ces mêmes ministres que l'Assemblée avait forcé le Roi de rappeler, ou dont elle avait applaudi la nomination, ont été contraints, à force d'insultes et de menaces, de quitter leurs places, excepté un.

 

Mesdames, tantes du Roi, et qui étaient restées constamment près de lui, déterminées par un motif de religion, ayant voulu se rendre à Rome, les factieux n'ont pas voulu leur laisser la liberté qui appartient à toute personne, et qui est établie par la déclaration des droits de l'homme. Une troupe, poussée par eux, s'est portée vers Bellevue pour arrêter Mesdames. Le coup ayant été manqué par leur prompt départ, les factieux ne se sont pas déconcertés, ils se sont portés chez Monsieur sous prétexte qu'il voulait suivre l'exemple de Mesdames ; et quoiqu'ils n'aient recueilli de cette démarche que le plaisir de lui faire une insulte, elle n'a pas été tout à fait perdue pour leur système. Cependant, n'ayant pu faire arrêter Mesdames à Bellevue, ils ont trouvé les moyens de les faire arrêter à Arnay-le-Duc, et il a fallu des ordres de l'Assemblée nationale pour les laisser continuer leur route, ceux du Roi ayant été méprisés. A peine la nouvelle de cette arrestation était-elle arrivée à Paris, qu'ils ont essayé de faire approuver par l'Assemblée nationale cette violation de toute liberté ; mais leur coup ayant manqué, ils ont excité un soulèvement pour contraindre le Roi à faire revenir Mesdames. Mais la bonne conduite de la Garde nationale — dont le Roi s'est empressé de lui témoigner sa satisfaction — ayant dissipé l'attroupement, ils recoururent à d'autres moyens.

 

Il ne leur avait pas été difficile d'observer qu'au moindre mouvement qui se faisait sentir, une grande quantité de fidèles sujets se rendait aux Tuileries et formait une espèce de bataillon capable d'en imposer aux malintentionnés. Ils excitèrent une émeute à Vincennes, et firent courir à dessein le bruit que l'on se servirait de cette occasion pour se porter aux Tuileries, afin que les défenseurs du Roi pussent se rassembler comme ils l'avaient déjà fait, et qu'on pût dénaturer leurs intentions aux yeux de la Garde nationale en leur prêtant les projets des forfaits mêmes contre lesquels ils s'armaient. Ils réussirent si bien à aigrir les esprits que le Roi eut la douleur de voir maltraiter sous ses yeux, sans pouvoir les défendre, ceux qui lui donnaient les plus touchantes preuves de leur attachement. Ce fut en vain que Sa Majesté leur demanda elle-même les armes qu'on avait rendues suspectes ; ce fut en vain qu'ils lui donnèrent cette dernière marque de leur dévouement, rien ne put ramener ces esprits égarés qui poussèrent l'audace jusqu'à se faire livrer et briser ces mêmes armes dont le Roi s'était rendu dépositaire.

 

Cependant le Roi ayant été malade, se disposait à profiter des beaux jours du printemps pour aller à Saint-Cloud, comme il y avait été l'année dernière une partie de l'été et de l'automne. Comme ce voyage tombait dans la Semaine Sainte, on osa se servir de l'attachement connu du Roi pour la religion de ses Pères pour animer les esprits contre lui ; et dès le dimanche au soir, le Club des Cordeliers se permit de faire afficher un arrêté dans lequel le Roi lui-même était dénoncé comme réfractaire à la loi. Le lendemain Sa Majesté monta en voiture pour partir, mais arrivée à la porte des Tuileries, une foule de peuple parut vouloir s'opposer à son passage. Et c'est avec bien de la peine qu'on doit dire ici que la Garde nationale, loin de réprimer les séditieux, se joignit à eux et arrêta elle-même les chevaux. En vain M. de La Fayette fit-il tout ce qu'il put pour faire comprendre à cette Garde l'horreur de la conduite qu'elle tenait, rien ne put réussir. Les discours les plus insolents, les motions les plus abominables retentissaient aux oreilles de Sa Majesté ; les personnes de sa Maison qui se trouvaient là s'empressèrent de lui faire au moins un rempart de leurs corps si les intentions qu'on ne manifestait que trop venaient à s'exécuter. Mais il fallait que le Roi bût le calice jusqu'à la lie ; ses fidèles serviteurs lui furent arrachés avec violence. Enfin, après avoir enduré pendant une heure trois quarts tous ces outrages, Sa Majesté fut contrainte de céder et de rentrer dans sa prison, car après cela on ne saurait appeler autrement son palais.

 

Son premier soin fut d'envoyer chercher le directoire du département, chargé par état de veiller à la tranquillité et à la sûreté publique, et de l'instruire de ce qui venait de se passer. Le lendemain, elle se rendit elle-même à l'Assemblée nationale pour lui faire sentir combien cet événement était contraire même à la nouvelle constitution. De nouvelles insultes furent tout le fruit que le Roi retira de ces deux démarches ; il fut obligé de consentir à l'éloignement de sa Chapelle et de la plupart de ses grands officiers, et d'approuver la lettre que son ministre a écrite en son nom aux Cours Étrangères, enfin d'assister le jour de Pâques à la messe du nouveau curé de Saint-Germain-l'Auxerrois.

 

D'après tous ces motifs, et l'impossibilité où le Roi se trouve à présent d'opérer le bien et d'empêcher le mal qui se commet, est-il étonnant que le Roi ait cherché à recouvrer sa liberté et à se mettre en sûreté avec sa famille ?

 

Français, et vous surtout Parisiens, vous habitants d'une ville que les ancêtres de Sa Majesté se plaisaient à appeler la bonne ville de Paris, méfiez-vous des suggestions et des mensonges de vos faux amis, revenez à votre Roi, il sera toujours votre père, votre meilleur ami. Quel plaisir n'aura-t-il pas d'oublier toutes ses injures personnelles, et de se revoir au milieu de vous lorsqu'une Constitution qu'il aura acceptée librement fera que notre sainte religion sera respectée, que le gouvernement sera établi sur un pied stable et utile par son action, que les biens et l'état de chacun ne seront plus troublés, que les lois ne seront plus enfreintes impunément, et qu'enfin la liberté sera posée sur des bases fermes et inébranlables.

 

A Paris, le 20 juin 1791, Louis.

 

Le Roi défend à ses ministres de signer aucun ordre en son nom jusqu'à ce qu'ils aient reçu ses ordres ultérieurs, et il enjoint au Garde du Sceau de l'Etat, de le lui renvoyer d'abord qu'il en sera requis de sa part.

 

A Paris, le 20 juin 1791, Louis.

 

 

 

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4 mars 2010 4 04 /03 /mars /2010 22:48
En cette année 2010, nous célèbrerons le 400ème anniversaire de l'assassinat de Henri IV à Paris.

La veille, 13 mai, aura été le jeudi de l'Ascension.

Profitons de ce vendredi où l'activité professionnelle de beaucoup de Français sera en sommeil pour nous souvenir de ce grand roi, symbole de la réconciliation après des années de guerres de religion.

Que les Français du XXIème siècle, égarés "en république" par l'enseignement de la république, se rendent compte par l'exemple du règne de Henri IV de ce que peut pour la France un chef de parti (huguenot) devenu roi, qu'un chef de parti devenu président de la république ne peut en aucune façon espérer.

 
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13 février 2010 6 13 /02 /février /2010 08:49
Dans un mois, le 14 mars, les Français vont entériner leurs divisions dans les urnes. Ce sera un aboutissement de la guerre ouverte qui se déroule désormais, comme à chaque élection.

Ensuite, il faudra additionner ces divisions pour dégager des possibilités de gouvernement, dans les régions de France. "C'est la démocratie", disait récemment un intervenant sur ces pages.

Deux mois plus tard, le 14 mai, les Français se souviendront de l'assassinat du bon roi Henri IV. 

QUATRIEME CENTENAIRE DE L’ASSASSINAT D’HENRI IV 1610-2010 Célébration nationale placée sous le Haut patronage du Président de la République
 

Henri IV le Grand fait véritablement l'unanimité. Ancêtre direct de l'ensemble des descendants Bourbon, il est le seul roi que l'école républicaine nous a appris à aimer.

Ce matin, rêvons un peu : que feraient les Français si Henri IV se présentait dans sa limousine blanche aux portes de Paris ?

 
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 22:48
Royalistes,

lorsque dans le discours de M. Séguin vous entendrez "République", comprenez "chose publique".

Et appréciez.

http://video.assemblee-nationale.fr/wmv/revision_constitution_92_seguin.wmv
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8 janvier 2010 5 08 /01 /janvier /2010 08:34
Je n'aurais pas l'hypocrisie de participer aux hommages adressés à Philippe Séguin, qui nous quitte brutalement.

Je ne le connaissais pas personnellement, malgré une brève rencontre en 1990, au cours de laquelle il m'avait dédicacé son livre :

"Louis Napoléon le Grand"

Philippe Séguin, dont les hommages sont remplis de "républicain" par-ci, "républicain" par-là, nous y fait découvrir Napoléon III et son admiration pour lui.

Napoléon III, certainement le chef d'Etat le plus méprisé des Français - en raison évidente du désastre de 1870, fut le premier Président de la république.

L'incapacité à travailler ensemble de la classe politique l'a contraint au coup d'état, qu'il a redouté et toujours regretté.

Il a gouverné la France dans une époque de dynamisme économique incroyable. En retard sur nos voisins européens depuis la révolution, la France a sous son influence fait un véritable bond, dont les traces sont aujourd'hui encore tellement visibles...

Il a voulu moderniser, équiper l'armée. Il a voulu l'unité de l'Italie, mais sans une armée efficace, cette nouvelle situation créait un danger entre la Prusse et l'Autriche. La classe politique n'a pas voulu équiper l'armée, la France étant devenue le maillon faible de l'Europe a été envahie comme l'on sait.

Cette monarchie ("impériale", certes, mais monarchie quand même), a été remplacée, après les horreurs de la Commune, par la IIIè république, triste régime.

Je vous recommande la lecture de ce livre :
" Louis Napoléon le Grand" - Grasset - 1990 
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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 23:31

Jean-Robert LORZIL

 

 

Né en aout 1937 d’un père Breton, originaire de la pointe des Espagnols, et d’une mère Lorraine, Jean a passé une partie de sa jeunesse à Paris. Son père s’était engagé dans la marine, et sa mère avait posé comme condition pour le mariage qu’il s’en retire, ce qui fut fait. Malheureusement, la déclaration de guerre de 1939 l’obligea à reprendre du service. Il disparut en défendant son pays, vraisemblablement dans les bombardements de l’arsenal maritime de Cherbourg, laissant son épouse seule avec deux enfants. Le sort continua de s’acharner contre la famille Lorzil, puisque le frère de Jean mourut quelques temps plus tard des suites d’un accident domestique.

 

Sa mère ne s’étant jamais remariée, Jean vécut seul avec elle et continua sa scolarité à Paris. Dès sa jeunesse, Jean a montré un vif intérêt pour l’histoire, l’architecture et le mobilier historique. A titre d’exemple, à l’âge où les autres enfants jouent avec des petites voitures, lui se construisait des maquettes de châteaux, d’intérieurs d’hôtels particuliers, pour lesquels il confectionnait des meubles et des œuvres d’art en papier collé. Plus tard, il fréquenta plusieurs associations à caractère historique comme le Souvenir Napoléonien, et s’engagea très tôt dans le soutien des idées royalistes. Il travailla un moment à la banque du Crédit Lyonnais, où il fit la connaissance d’un commis coursier, connu plus tard sous le nom de Eddie Mitchell.

 

Du fait de sa situation familiale il fut dispensé de se rendre en Algérie lors de son service militaire. Néanmoins, et au désespoir de sa mère, Jean décida de s’engager comme enseignant volontaire en Algérie au service de la France. C’est ainsi qu’il entra dans l’Education Nationale où il se découvrit un talent et une véritable vocation pour le métier d’enseignant. Il consacra toute sa carrière professionnelle à l’éducation des enfants en école primaire. Il fut pendant de nombreuses années le directeur de l’école d’Avrainville, en Essonne. Il se présenta au CAPES, mais ne fut pas reçu, malgré ses exceptionnelles compétences pédagogiques et ne voulut jamais s’y représenter. Il avait coutume de nous raconter l’anecdote de l’épreuve orale de ce concours pour lequel il avait choisi de présenter un texte du poète, martyr de la Révolution française, André Chénier. L’examinateur interloqué par ce choix inhabituel à l’Education Nationale, lui dit : « André Chénier ? C’est très conventionnel ! », et Jean lui répondit : « Non monsieur, c’est son frère qui était un Conventionnel ! » Le ton était donné !

 

Outre ses prises de positions en faveur d’un retour à la monarchie en France, il se passionnait aussi pour l’escrime, possédant un bon niveau, et aimait beaucoup les sonneries de trompe de chasse. Il fut invité au mariage du comte de Clermont, fils ainé d’Henri d’Orléans, comte de Paris, et aussi à celui de son petit fils, auquel il ne put se rendre.

 

Jean eut toute sa vie des problèmes de santé. Outre de multiples accidents où il faillit perdre la vie plusieurs fois, on lui découvrit une grave déficience rénale, héritée de sa mère. Cette maladie irréversible ne faisant que s’aggraver. Son pronostic vital était engagé, et ses médecins lui prédirent une fin de vie relativement proche. Heureusement, ils étaient dans l’erreur, et grâce aux progrès des systèmes de dialyse artificielle il put survivre jusqu’à l’obtention d’une greffe de rein, des années plus tard.

 

C’est en parallèle à ces événements qu’il se mit en quête d’une maison de campagne ayant du caractère. Jean avait des souhaits bien arrêtés sans pour autant être très précis sur ce qu’il cherchait ; il ne trouvait rien qui lui plaisait vraiment. Puis, après avoir visité moult demeures, un agent immobilier lui dit : « Bon, il me reste un dernier bâtiment à vous montrer, mais je vous préviens, c’est en piteux état et personne n’en veut ! » C’était le château d’Epanvilliers ! Enfin, une partie de ce pauvre château morcelé entre 4 ou 5 propriétaires dont on distinguera 7 lots dans les années à suivre. La partie de bâtiment qu’on lui proposait était la moitié sud du château. Malheureusement, juste avant lui, était passé un dépouilleur de château, et le bâtiment était en l’état d’abandon. Après avoir servi de séchoir à tabac, le château avait été acheté 500 francs par ce fossoyeur du patrimoine français qui voulait le revendre 8000 francs. En 1974, Jean se porta acquéreur du morceau de château et c’est là que commença une nouvelle vie pleine d’aventures et de rebondissements. Jean venait de réaliser son plus beau rêve : habiter dans un château. C’est ce rêve d’enfant qu’il avait conservé jusque là. A compter de ce jour, Jean consacra tout son temps, toutes ses finances, toute son énergie … toute sa vie, à sauver, restaurer et rendre vivant le château d’Epanvilliers.

 

Le travail ne manquait pas ! La cour d’honneur était encombrée de détritus de toutes sortes et était traversée par une ligne électrique. Les anciens fossés servaient de décharge, la moitié des fenêtres étaient à changer, la toiture fuyait de partout et tous les décors intérieurs étaient à refaire ! Jean eut la chance de pouvoir acquérir presque tous les autres lots dans les années qui suivirent, seule une dépendance ne put être réunie à l’ensemble. En particulier, il récupéra dès 1976, la deuxième moitié du château lui-même où il eut la surprise de découvrir les décors intacts du XVIIIème siècle ; les boiseries sculptées, les parquets, les corniches, les cheminées de marbre, etc. Il fallait tout remettre en état mais l’authenticité était bien présente.

 

A défaut de gros moyens financiers, Jean avait des idées et du talent. Alliant ces deux passions, l’enseignement et son château, Jean, avec le concours d’un responsable de l’Education Nationale, développa l’idée de créer l’école au château. C’est ce que l’on appellera par la suite « les classes de patrimoine » dont le concept se répandra dans toute la France. Jean Lorzil fut donc précurseur en la matière en lançant ce projet dès 1974.

 

Les enfants y apprenaient la manière de vivre dans un château au XVIIIème siècle. Chacun endossait le rôle d’un personnage ayant réellement vécu en ces lieux. Les élèves étaient habillés en costumes historiques. Ils vivaient, mangeaient et dormaient dans le château et ses jardins. Ils utilisaient d’authentiques meubles et objets anciens. Ils apprenaient à lire des manuscrits, puis à écrire à la plume, à cacheter leur courrier à la cire. En mathématique, ils étudiaient les comptes du domaine à partir de documents d’époque. Le séjour se terminait par une grande fête avec musique, bal, représentation théâtrale jouée par les élèves et dîner aux chandelles …

 

Afin d’avancer les restaurations du château, il crée en été des chantiers de jeunes bénévoles et accueille des jeunes en jumelage avec plusieurs pays étrangers. Jean montrait l’exemple et confectionnait beaucoup de choses de ses mains. Il avait un grand talent pour la couture et l’aménagement des tissus d’ameublement. Les meubles changeaient souvent de place au fur et à mesure de l’avancement de travaux. On déménageait sans cesse des tables, des commodes, des consoles, des tableaux, des tapisseries, des statues, etc.

 

Jean a su créer un lieu de vie hors du commun, où chacun trouvait sa place et était bien accueilli. Tout le monde retire de son passage à Epanvilliers un enrichissement personnel, c’est un véritable lieu de resourcement. Il y avait tant de choses à faire que l’on ne s’y ennuyait jamais, chacun travaillait à son rythme et selon ses capacités. Le moment du repas était l’occasion de se retrouver tous ensemble, et tous étaient les habitants du château pour la durée de leur séjour.

 

Les habitants des alentours profitaient aussi des lieux, bien souvent il leur faisait cadeau du billet d’entrée et prêtait quelquefois les pièces du château sans rien demander. Il accordait des visites gratuites à toutes les écoles des environs.

 

Grâce à son talent et son travail, Jean obtint de nombreuses récompenses honorifiques :

 

-          1er prix accueil-qualité en Poitou-Charentes (2002)

-          1er prix du concours « chef-d’œuvre en péril » par la télévision nationale (1986)

-          1er prix Prince Marc de Beauvau-Craon de la Versailles Fondation (1984)

-          La médaille d’honneur de l’Institut international des châteaux, remise par le prince de Ligne (1984)

-          La médaille de la demeure historique

-          Le diplôme des Vielles Maisons Françaises

-          Deux prix de la Fondation Langlois (1982 et 1987)

-          Il reçoit les palmes académiques

-          Le château d’Epanvilliers est devenu le monument historique en entrée payante le plus visité du département de la Vienne

-          Il est élevé au titre de Chevalier de l’Ordre National de Mérite sous le mandat de François Mitterrand, Président de la République Française (1986)

-          Il est nommé au conseil d’administration de la Demeure Historique par le marquis de Breteuil, son président.

 

Il a, bien sûr, fait partie de nombreux autres organismes traitant du tourisme et du patrimoine, notamment dans la région …

 

Jean Lorzil était membre de l’association de la Route historique des abbayes et monuments du Haut-Poitou.

 

Jean Lorzil était également membre de l’Alliance royale et mettait volontiers et gracieusement son château à disposition.

 

Il aurait quelquefois préféré avoir moins de médailles et plus de subventions pour restaurer le château mais les autorités publiques ne se sont pas montrées généreuses. Pire encore, Jean n’ayant aucun héritier direct, ni parent proche, proposa de faire don du château pour 1 franc symbolique aux collectivités territoriales. M. Jean-Pierre Raffarin est venu en personne pour visiter le château d’Epanvilliers. On fit répondre à Jean Lorzil que ni le département, ni la région, n’avaient les moyens nécessaires pour en assurer le simple entretien courant, et son offre fut aimablement déclinée.

 

Quel dommage pour le public et pour le château qui aurait ainsi trouvé une solution pérenne pour sa préservation, garantissant la transmission de ce patrimoine aux générations futures après plus de 30 ans de restaurations déjà effectuées. Qu’adviendra-t-il de tout ce travail, quel sera l’avenir du château ? Nul ne le sait …

 

Jean avait beaucoup de talent pour la décoration, et la restauration mais il n’avait pas autant le sens des affaires. Voulant donc trouver une solution, Jean vendit le château en viager, ce qu’il regretta par la suite étant de ce fait prisonnier du contrat.

 

Après tous ces efforts, c’est en consacrant trop d’énergie pour son public et son château que Jean Lorzil précipita la fin de ces jours. Voulant s’investir lors des journées du patrimoine 2009, Jean fit sans doute trop d’efforts et fut victime d’un accident vasculaire cérébral dans la nuit du samedi 19 septembre. Il fut transporté à l’hôpital de Poitiers qu’il connaissait si bien. Son état commençait à s’améliorer quand une deuxième attaque survint et l’emporta définitivement.

 

Jean-Robert Lorzil est décédé le samedi 3 octobre 2009, à l’âge de 72 ans.

 

Ses funérailles furent organisées le jeudi suivant. Son corps fut transporté dans la chapelle du château où une veillée de prière fut assurée en présence de M. le curé de Brux, de ses proches et amis. Ensuite, on sortit le cercueil du château au son des trompes de chasse qu’il aimait tant. Le cortège funèbre composé de plus de 20 voitures, suivit le corbillard qui prit la direction de l’église de Brux par les petites routes de la campagne poitevine. La belle église romane de Brux était remplie, des personnes se tenaient debout. Le soleil du matin faisait filtrer ses rayons de lumière au travers des vitraux colorés du chevet de l’église. Le cercueil était escorté par un comité d’honneur et un porte drapeau de l’Ordre National du Mérite.


Une émouvante oraison funèbre a été prononcée par les responsables de 

l’association de la Route historique des abbayes et monuments du Haut-Poitou.


A la sortie de la messe funèbre, nous entendîmes retentir les cloches puis le cercueil eût doit aux honneurs de l’Ordre National du Mérite et enfin il reprit place dans le corbillard au son des trompes de chasses. Toute la nombreuse assistance était fort émue. Le cercueil repose désormais dans un caveau du cimetière de Brux, non loin du château, il sera recouvert par une vieille pierre tombale traditionnelle en forme de sarcophage en triangle soutenue par trois colonnes toscanes.

 

 

Requiescat in pace !

 

 

 
Jean-Robert Lorzil




Rodolphe Huguet, le 12 octobre 2009

 

Des erreurs ou des oublis ont pu se glisser dans ce texte qui ce veut, avant tout, un hommage amical à la mémoire de M. J.R. Lorzil. Les personnes qui souhaiteraient corriger ou compléter le texte sont invitées à se manifester.

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 14:25
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/05/20/01016-20090520ARTFIG00025-le-testament-politique-de-louis-xvi-retrouve-.php

Avant de fuir en juin 1791, le roi de France avait rédigé un texte pour se justifier. Le manuscrit, qui avait disparu, a été découvert aux États-Unis.

Il avait disparu depuis la Révolution française. Il se cachait dans une collection américaine où il vient d'être acquis par un Français, collectionneur de manuscrits anciens. Le testament politique de Louis XVI est une œuvre politique majeure, datant de la fuite à Varennes, dans la nuit du 20 juin au 21 juin 1791. Avant de partir, Louis XVI a probablement quelques scrupules. Il pense enfin pouvoir échapper à l'Assemblée constituante mais il ne veut pas quitter Paris sans laisser un document expliquant les raisons de sa fuite. Il entend s'adresser à son peuple. Aussi rédige-t-il cette Déclaration à tous les Français, un manuscrit de seize pages in quarto, qui deviendra, selon la tradition historique, son «testament politique» (à ne pas confondre avec le testament qu'il rédigera dans la prison du Temple avant de monter sur l'échafaud et qui est plus personnel et moral). Le roi demandera à La Porte, son intendant, de déposer le lendemain de sa fuite cette Déclaration sur le bureau du président de l'Assemblée, qui est alors Alexandre de Beauharnais. L'histoire se télescope : celui qui recueille le testament du dernier roi de l'Ancien Régime n'est autre que le premier époux de Joséphine, la future impératrice des Français ! Le monde est petit.

Dans ce texte long et parfois assez mal structuré, Louis XVI entend exprimer sa conception politique la plus profonde. Au moment de le rédiger, il se sent libéré des contraintes, des faux-semblants et des réserves qu'il a toujours dû s'imposer depuis le début de la Révolution. Il déclare même, au moment de partir, qu'«une fois le cul sur la selle, il serait tout autre». Se voyant déjà loin de Paris et de l'Assemblée, il livre sa véritable conception des événements révolutionnaires, depuis la réunion des États généraux, et exprime son idéal politique, une monarchie constitutionnelle avec un monarque puissant.

C'est donc un texte d'une portée considérable. Dans sa biographie de Louis XVI, Jean-Christian Petitfils, insiste à juste titre sur son caractère essentiel pour bien comprendre l'évolution de la pensée du monarque : «La plupart des historiens, écrit Petitfils à propos de la déclaration royale, ne lui ont pas donné l'importance qu'elle mérite. Ils l'ont soit négligée, soit hâtivement lue et commentée» (1). Son contenu n'était en effet pas ignoré des savants, dans la mesure où le texte a été reproduit dans de nombreux documents parlementaires, notamment les Archives parlementaires (publiées sous le Second Empire), mais l'original avait disparu. C'est lui qui vient enfin d'être retrouvé. Il ne fait aucun doute qu'il s'agit du document authentique. Son acquéreur, Gérard Lhéritier, président de la société Aristophil, une société qui achète des manuscrits anciens et propose ensuite à des collectionneurs de devenir en partie propriétaires de ces documents (tout en les conservant dans son Musée des lettres et manuscrits), insiste sur son caractère unique. «C'est une pièce exceptionnelle, vibrante d'histoire, que nos experts ont pu retrouver aux États-Unis.» Cette certitude est confirmée par des spécialistes de grand renom, comme Thierry Bodin, expert en autographes près la cour d'appel de Paris. Pour ce dernier, la paternité du document est évidente. «C'est la signature du roi et, surtout, il a été paraphé et signé par le président de l'Assemblée nationale, Alexandre de Beauharnais.» D'autant que la prise de Gérard Lhéritier est double. Il y a non seulement le document en lui-même mais un autre manuscrit de huit pages rédigées par le propre frère de Louis XVI, le comte de Provence, futur Louis XVIII. Ce texte avait été demandé par le roi à son frère peu de temps avant son départ, afin que celui-ci retrace les injustices subies par la famille royale depuis 1789. C'était une manière d'impliquer le comte de Provence dans le projet de fuite et le contraindre, par la même occasion, de quitter Paris le même jour (le roi craignait que son frère, qui n'avait pas toujours été tendre avec le couple royal, ne cherche à profiter de son départ pour se hisser sur le trône). Jugées trop agressives à l'égard de l'Assemblée, les remarques du comte de Provence ne furent pas toutes reprises par Louis XVI, qui commentera puis écartera ces huit pages.

 

Pièce à charge lors du procès du roi

 

Comment un tel trésor a-t-il pu s'évanouir dans la nature ? La plupart des historiens et des spécialistes avouent leur ignorance sur les circonstances de la disparition de ces documents capitaux. C'est un mystère digne du Da Vinci Code. Jean-Christian Petitfils rappelle que ce n'est pas le seul document officiel qui ait disparu sous la Révolution. Il suffit de songer, dans un autre registre, au vol des diamants de la Couronne. Selon Thierry Bodin, le document devait probablement avoir été conservé jusqu'au procès de Louis XVI qui s'ouvre en décembre 1792. «Il disparaît ensuite, sans laisser de trace.» Certains pensent qu'il aurait pu, au milieu du XIXe siècle, faire partie du fonds d'un collectionneur fameux, Étienne Charavay, mais il ne figure pas dans la vente des manuscrits de ce dernier. D'autres évoquent la possibilité qu'il ait été dans le fonds de Feuillet de Conches, autre collectionneur célèbre du XIXe siècle, qui a publié des Lettres et documents inédits de Louis XVI (1864-1873), mais où les documents les plus authentiques côtoient les faux les plus étonnants. Il faut se rendre à l'évidence : on ne sait pas comment le manuscrit a pu disparaître pour ensuite quitter le territoire. Son existence est signalée dans les années 1950, à l'occasion d'une vente Hennessy, mais le document original n'y figure pas. Puis on perd définitivement sa trace jusqu'à son acquisition aujourd'hui par la société Aristophil. Un mystère surprenant, alors même que ce texte a eu, dans la vie du monarque, un rôle on ne peut plus funeste.

Car la Déclaration fut en effet une des pièces à charge lors du procès du roi sous la Terreur. Ainsi, le rapport d'accusation, lu par Lindet le 10 décembre 1792, à la Convention, le cite précisément et l'utilise pour prouver la duplicité du roi et ses mauvaises intentions. «C'était sans doute le Manifeste destiné à plonger la France dans les horreurs de la guerre civile, écrit Lindet. (…) Son Manifeste du 20 juin atteste ses intentions hostiles ; il voulait le renversement de l'État, puisqu'il ne voulait ni les lois, ni la Constitution qu'il avait juré de maintenir» (2). Indéniablement, cette Déclaration a contribué à poser Louis XVI en ennemi de la Révolution. Mais que dit précisément le texte ? En réalité, le roi est loin d'avoir rédigé un brûlot contre-révolutionnaire. Il ne se résout certes pas à l'abaissement de la monarchie. Il juge que les réformes de l'Assemblée et l'attitude des clubs, «calomniateurs et incendiaires», ont porté atteinte à «la dignité de la Couronne de France». Il s'en prend notamment au refus, par l'Assemblée, de lui accorder un droit de veto absolu (il n'est que «relatif»), au poids excessif des comités de la Constituante, notamment le Comité des recherches qui exerce, selon le roi, «un véritable despotisme plus barbare et plus insupportable qu'aucun de ceux dont l'histoire ait jamais fait mention».

 

Le monarque n'avait jamais été aussi conciliant

 

Le roi critique aussi l'excessive décentralisation, la suppression de son droit de grâce, etc. Mais, sur le plan social, il se rallie pourtant à la révolution juridique de l'été 1789 ; il ne rejette plus l'abolition des ordres, comme dans sa Déclaration du 23 juin 1789. Il admet l'égalité civile et insiste même sur les réformes qu'il avait cherché à faire, notamment en 1787, en matière fiscale, afin que les privilégiés ne bénéficient plus d'exemptions indues. Il conclut, sur le ton de l'époque : «Français, et vous surtout Parisiens (…), revenez à votre roi ; il sera toujours votre père, votre meilleur ami.»

La rédaction du texte lui a pris à peu près quatre ou cinq mois de réflexion. Il y a travaillé seul, à l'insu de ses ministres, et il n'y associera son frère qu'à la dernière minute, le samedi 18 juin, comme en témoigne ce dernier. On sait comment tout cela finira. Son arrestation à Varennes va, comme le rappelle Mona Ozouf, se révéler fatale pour la monarchie (3). La déclaration du roi se montrera bien incapable de lui sauver la mise. Bien au contraire. Le prestige de la monarchie sera pour jamais terni par cette équipée malheureuse. Pourtant, comme le remarque à juste titre Jean-Christian Petitfils, ce testament politique de Louis XVI prouve que le roi n'avait jamais été aussi conciliant. C'est ce triste paradoxe que met en évidence le document laissé à l'Assemblée : «Jamais Louis XVI n'avait été aussi proche de la Révolution qu'en fuyant la capitale. Sur la route de Varennes, il était devenu un souverain constitutionnel, à la recherche, hélas, d'une impossible Constitution» (4). De toute cette histoire tragique, il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul témoignage, ce manuscrit oublié.

(1) «Louis XVI», Perrin, 2005, p. 810.

(2) «Moniteur», tome XV, p. 715.

(3) «Varennes, la mort de la royauté (21 juin 1791)», Gallimard, 2008.

(4) «Louis XVI», op. cit., p. 815.

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