Délégation Alliance royale Hauts de Seine (ex. blogue du Poitou)
Allons-nous nous débarrasser des fautes de français, contre-sens, contre-vérités, litotes et autres pléonasmes ?
A propos de "l'affaire géorgienne", nous lisions ces jours-ci les lignes suivantes :
Le patriarche-catholicos Elie II, primat de l'Eglise orthodoxe géorgienne pour la Géorgie, explique ainsi le principe de la monarchie constitutionnelle :
"Certains proposent d'établir en Géorgie une monarchie constitutionnelle. Je vous explique ce que cela signifie: le roi règne sans diriger, il garantit l'intégrité territoriale du pays et la protection des droits de l'homme (...)"
Autant nous serions enchantés de voir s'installer en Géorgie une monarchie, capable en effet d'unifier ce pays et ses différents peuples, autant nous ne pouvons accepter cette définition d'une monarchie "constitutionnelle".
Cette terminologie a été inventée, et acceptée, par opposition à une monarchie "absolue" (là encore une erreur) où le roi gouverne seul, ce qui ne s'est jamais vu : Louis XIV lui-même avait des ministres.
Si la monarchie est "constitutionnelle", c'est qu'elle dispose d'une constitution... Au sens moderne, c'est qu'elle dispose de règles écrites, par opposition aux époques où elles ont pu être orales ou coutumières.
Dans ce sens, la république fonctionne donc sur le même système, disposant d'une constitution écrite.
Conservons la Constitution de la Vème république, modifions en l'article qui place le président de la république à la tête de l'Etat et nommons-y un roi, et nous obtenons... une monarchie constitutionnelle.
Notons au passage que, n'ayant rien changé d'autre à notre constitution, dans notre exemple... le roi gouverne, exactement comme aujourd'hui notre président.
L'actuelle constitution est bien la règle de fonctionnement d'une république constitutionnelle, ce qui, vous me l'accorderez, est un évident pléonasme.
Par conséquent, "constitutionnel" ne signifie absolument pas que le roi gouverne ou ne gouverne pas, mais signifie qu'il existe des règles écrites qui décrivent le fonctionnement de l'Etat et la place de chacun, selon les décisions prises en fonction des époques et des besoins.
Faux également le terme de Ière, IIème, Vème république...
La république, c'est la res publica, la chose publique, autrement dit l'Etat, autrement dit la France. Lorsque nous changeons de constitution, la chose publique ne change pas, la France demeure. Aussi devrions nous dire "la Vème constitution de la république".
Pour autant que nous laissions au régime républicain le droit d'utiliser ce mot, qui semble laisser penser que la monarchie ne s'intéresserait pas à la chose publique ? En effet, lorsque la monarchie a été renversée, le régime politique a changé, mais la France est restée, la France constituée par la monarchie, la France de toujours.