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Délégation Alliance royale Hauts de Seine (ex. blogue du Poitou)

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Privilèges

Les privilèges : voici le dernier sujet à la mode. Moins dangereux, convenons-en, que la crise boursière qui sévit en ce moment.

Or donc, les privilèges, amalgame réalisé dans l'émission de France 3 de mercredi : rémunération des parlementaires, avantages en nature, privilège d'être l'enfant d'un politicien, d'un acteur, privilèges des vieux, privilèges des enfants riches.
Ce soir au journal télévisé de la 2, privilèges du président du Sénat, etc...

La République n'en a pas fini de lancer des coups de pieds, pour s'auto-flageller en qualifiant systématiquement ces pratiques d' "ancien régime".

Mais de quoi s'agit-il ?

Que les enfants d'acteurs aient plus de chance que les autres d'entrer dans le milieu artistique, c'est certain, encore faudra-t-il qu'ils se fassent un nom. Mais est-ce un privilège, où ne trouve-t-on pas le même phénomène chez les enfants de notaires, d'industriels, de bouchers ?


Que les enfants d'hommes politiques aient plus de chance que les autres d'entrer en politique, c'est vrai aussi. Là, c'est un problème de la démocratie telle qu'elle est exercée par la république : plus grande facilité d'avoir accès aux média, d'obtenir des financements, des responsabilités au sein des partis politiques.
Pour remédier à cela, nous souhaitons que le pouvoir en France devienne un pouvoir vertueux, avec à sa tête un arbitre qui ne soit pas impliqué dans une compétition idéologique : le Roi.

Que les enfants des riches aient plus d'accès aux Grandes écoles, le reportage a très bien montré l'erreur d'un système, qui favorise l'augmentation des places dans des formations de niveau moyen, mais interdit celle-ci dans les établissements prestigieux, rendant la compétition inabordable par les classes moins favorisées.

Que les "Vieux" aient eu la chance de vivre après guerre, en période de plein emploi, puis à une époque où leur retraite a été revalorisée, c'est bien la faillitte d'un système qui montre que cette génération a profité de la richesse, a pu accéder à la propriété, mais bénéficie d'une retraite prise en charge par une génération aux chances plus incertaines. Ce qui m'a paru curieux, c'est l'opposition du reportage entre la génération des "vieux" (actuellement retraités), et celle des "jeunes" (les trentenaires). Pas un mot de la génération entre les deux, les "quinquas", ceux qui sont entrés dans la vie active avec le chômage, ceux dont les entreprises ne veulent plus mais qui s'accrochent pour travailler encore quelques années avec pour perspective une retraite dévaluée.

Que les hommes politiques bénéficient de rémunérations élevées : le problème n'est pas là. Il est normal qu'un élu soit éloigné du souci financier, qu'il puisse rémunérer des collaborateurs... Là où ce n'est pas normal, c'est s'il n'effectue pas le travail que lui impose son mandat. Là encore, M. Karoutchi a souligné qu'il ne faut pas voir que la séance pleinière en assemblée, mais aussi le travail en commission. Notre information est tronquée : nous ne pouvons pas juger. Les autres pays européens ont établi des contrôles et des sanctions : faisons cela.

Les avantages en nature : très intéressante cette comparaison avec le système britannique, qui montre un Premier ministre logé dans un pavillon de ville, et qui doit racheter à son départ les cadeaux qu'il a reçus pendant son mandat. Rappelez moi, la Grande Bretagne est une... monarchie ?

Ridicule, en revanche, le classement en "privilège" de la magnificence du train de vie de l'Etat, à l'exemple du Général De Gaulle qui recevait les Kennedy de façon somptueuse, mais remboursait les frais de bouche de ses invités privés à l'Elysée.

La France se doit d'être prestigieuse. Le train de vie d'un Etat qui veut tenir sa place dans le monde se doit d'être cher, c'est ainsi. Le nier, c'est nier la richesse et la puissance de la France, ce qui malheureusement peut se comprendre si l'objectif est de sacrifier sa souveraineté.

Pour finir, je rappellerai que "les ors de la république" décrivent des palais plus anciens qu'elle, qu'elle utilise largement, tandis que les réceptions prestigieuses, dignes de la France, sont dites "royales".
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