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Délégation Alliance royale Hauts de Seine (ex. blogue du Poitou)

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«La France doit cesser d’engendrer cette haine contre elle»

TRIBUNE

La France a fabriqué une troisième génération d’immigrés qui sifflent son hymne national, qu’elle l’assume mais n’en rejette pas la faute sur les origines lointaines des siffleurs.

KARIM GUELLATY, «franco-tunisien de cœur et d’esprit», auteur d'un Que sais-je sur le droit musulman.

Non les Tunisiens n’ont pas sifflé la Marseillaise, non les Tunisiens ne sifflent pas les hymnes nationaux. De mémoire, aucun match joué par l’équipe de France en Tunisie n’a vu la Marseillaise se faire siffler. La France a fabriqué une troisième génération d’immigrés qui sifflent son hymne national, qu’elle l’assume mais n’en rejette pas la faute sur les origines lointaines des siffleurs. La plupart des siffleurs n’ont jamais mis les pieds en Tunisie, ne connaissent pas l’arabe et en ignorent la culture et les traditions.

Marre d’entendre sur toutes les ondes depuis mercredi matin qu’il est scandaleux que la France ait été insultée ainsi par les Tunisiens. Zidane, Ben Arfa et autres grands joueurs nationaux issus de l’immigration sont français. On ne peut plus français et ils marquent des buts pour la France. Leurs cousins, leurs frères s’ils sifflaient la marseillaise ne sont pas français eux? C’est purement scandaleux, des Français hier soir ont sifflé la Marseillaise, c’est purement scandaleux. Le Tunisien que je suis condamne sans détour et très fermement ces sifflements. Et s’ils avaient été le fait de Tunisiens, je m’en serais platement excusé.

Mais ceux qui ont sifflé sont les mêmes qui fêtaient la victoire à la coupe du monde de 1998, ce sont les mêmes qui ont fêté celle de 2000 à l’Euro, et encore les mêmes qui ont fêté toutes les victoires françaises des phases éliminatoires de 2006. Mais curieusement ceux-là sifflent la Marseillaise quand la France joue contre la Tunisie, le Maroc ou l’Algérie.

Condamnons car il faut condamner, car on doit condamner, mais interrogeons-nous toutefois sur ce paradoxe. Punir il le faut, mais n’est pas curatif. La France doit cesser d’engendrer cette haine contre elle et faire en sorte que ses enfants l’aiment et la respectent. On peut critiquer la France mais on doit la respecter. La France tu la critiques si tu veux mais tu la respectes.

On ne peut pas tenir un discours qui dit tout et son contraire. On ne peut pas demander aux populations aux vagues origines maghrébines (vague dans la tradition et la culture et non dans la couleur de peau ou la religion!) de s'intégrer, de faire partie de la société française, et en même temps, dès que l’un deux commet un larcin, viole la loi, l’ordre public, brûle des bus ou autres actes de violence allant de l’irrespect à la barbarerie, on ne peut pas alors les qualifier de gens «des quartiers», de jeunes «immigrés» et pire de «jeunes Maghrébins».

Dans les manifestations, les voyous sont appelés des casseurs, car c’est littéralement ce qu’ils font. Les écolos qui détruisent les plantations transgéniques et détruisent donc le bien d’autrui sont qualifié de faucheurs volontaires (y a-t-il des faucheurs involontaires?) et c’est également littéralement ce qu’ils font. Les voyous qui sifflent l’hymne dans les stades sont des voyous volontaires mais là curieusement ils deviennent Tunisiens ou Maghrébins ou immigrés. Les bus brûlés dans les banlieues sont des émeutes de la population immigrée et non pas des destructions de biens d’autrui par des brûleurs volontaires ou des actes de dégradations par des casseurs.

Je ne veux pas mettre sur le même plan les faucheurs volontaires et les voyous qui brûlent des bus, là n’est absolument pas mon propos et j’ai un minimum de discernement qui me permet de graduer les délits. Mais c’est la manière de traiter l’information que je voudrais mettre en exergue.

Mardi pendant la Marseillaise, au stade de France, j’ai été en colère et j’ai eu doublement honte. En colère parce que l’hymne de mon pays s’est fait siffler. Honte une première fois parce qu’elle l’a été par des Français, et honte une deuxième fois parce qu’on a attribué le méfait aux Tunisiens.

Il y a un vrai problème et il faut le régler. Mais pour ce faire, entendons-nous déjà sur la définition du problème. Depuis des décennies, la classe politique essaye d’apporter des réponses aux problèmes des banlieues. En vain. Et pour cause, elle ne s’attaque pas aux problèmes, elle s’attaque aux symptômes.

Ne nous méprenons plus, le chômage ou la violence ne sont pas le problème, ils sont des symptômes. Les soigner, ou tenter de le faire, c’est bien, mais le mal continu à se propager, à s’entendre. Jusqu’où? Jusqu’à quand? Parlons en.

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C
Le commentaire de Karim est une autre expression du malaise de notre société, contre lequel la république est impuissante.Dans sa politique actuelle d'intégration, la France n'est pas à la hauteur. Elle ne l'a pas été avec les Harkis, elle ne l'est pas davantage avec les immigrés de troisième génération.Mais au delà, elle n'est pas non plus à la hauteur avec l'ensemble de la jeunesse, à laquelle elle offre des perspectives bien pessimistes."Le mal continue à se propager, jusqu'où ?"Pour nous, il existe une solution : jusqu'au changement des institutions en faveur d'institutions réellement démocratiques, avec un roi comme arbitre.
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