La véritable cause de la crise des subprimes ne vient pas du libéralisme, mais de l'interventionnisme de l'administration américaine sur les marchés monétaires : La FED a joué au yoyo avec les taux d'intérets directeurs, sur lesquels sont basés les taux variables des crédits hypothécaires américains. Ignorant volontairement qu'"on ne prête qu'aux riches", l'administration Carter (gauche démocrate US) a poussé les pauvres à devenir massivement propriétaires en s'endettant pour acquérir des logements ; un taux monétaire maintenu artificiellement bas (2%)leur était garanti sur la longue durée.
Même des chômeurs (!) ont pu s'acheter un logement avec des traites inférieures aux loyers du marché. Tout alla bien jusqu'à la guerre d'Irak : Pour financer l'expédition, il a fallu relever trop haut les taux directeurs qui étaient trop bas, de façon tout aussi artificielle et autoritaire, et ce, en dehors des mécanismes du marché. Les pauvres n'ont pas pu faire face à l'envolée soudaine des traites mensuelles. Moins de 6% des acquéreurs de logements se sont trouvés obligés de vendre pour rembourser leur crédit, mais en même temps. Cela a suffi pour faire chuter dramatiquement les prix de ces logements, et de ceux-là seuls.
Ces crédits immobiliers, titrisés par les banques, étaient classés comme sûrs, et les banques mondiales se sont ruées dessus. A l'époque, c'était vrai. Mais la chute des prix de l'immobilier les a brutalement vidés de l'essentiel de la garantie qu'ils offraient, d'une manière brutale et imprévisible, puisque le "fait du prince" en est la cause. Rien de tout cela ne serait arrivé si :
1 - La gauche américaine n'avait poussé les pauvres, insolvables, à s'endetter, chose impensable dans un marché libre.
2 - La FED n'avait d'abord baissé puis remonté en flèche et tout aussi artificiellement ses taux directeurs.
Reste que les logements existent toujours, qu'ils vont trouver des acquéreurs solvables, et que les cours de l'immobilier US finiront par remonter, la grande majorité des emprunteurs se débrouillant pour tenir le coup. Les choses vont rentrer dans l'ordre, pour autant que l'administration cesse ses interventions intempestives dans l'économie monétaire. On peut toujours rêver...
Ceci dit, les gouvernements partagent certainement cette analyse, car ils nationalisent sans hésiter des banques en faillite virtuelle passagère, sachant que la remontée des cours suffira pour regonfler les titres nationalisés et les bilans avec ; ils feront une très bonne affaire, sur la durée.
Yves Méra
Conseiller municipal Alliance royale à Héricourt (Haute Saône)