A Lulo
La "chose" progresse depuis des années.
Cette année encore, j'ai prévenu : "j'irai à la messe de Noël le soir de Nöel !". L'année dernière, j'avais fait le choix d'assister à la messe du 25... et c'était une messe de dimanche ordinaire.
Je me suis renseigné sur l'heure de la messe, l'ai fait savoir, ainsi que l'heure à laquelle il fallait partir pour trouver des places à l'église. Fallait-il choisir la messe de 21h30, et dîner après, ou celle de 23h30 et dîner avant ?
Finalement, à 22h45, je me suis levé, ai annoncé qu'il était l'heure... et je suis parti seul. J'ai même entendu que je "cassais l'ambiance" !
Enfant, je me souviens de Noël chez mes Grands-parents, en Haute Saône. A 8 heures, souper : normal, nous avions faim et le dîner était encore loin ! Ensuite, nous n'avions pas le droit de manger, 3 heures avant la communion. Après le souper; nous préparions le réveillon dans une ambiance excitante et chaleureuse.
A 11heures et demie, départ : mettre les manteaux, de grosses chaussures, sortir dans le froid et la neige, vite monter dans la Traction de mon Père. Les voitures se mettaient en route sur des voies glissantes, avec de mauvais phares... l'aventure ! A l'arrivée, l'église étant au sommet d'une colline, il n'était pas rare de devoir descendre et pousser pour pouvoir garer la voiture.
Au retour, nous avions "mérité" notre festin. Certes, il était au moins 2 heures du matin, mais UNE fois dans l'année, pensez vous qu'un enfant ne puisse veiller ? Je vous affirme bien que si, car aller se coucher aurait supposé découvrir ses cadeaux le lendemain matin et ça, c'est plus qu'un enfant ne peut supporter.
Voilà, c'étaient des Noëls à vous marquer une vie.
Depuis, l'heure de la messe a été avancée : 23 h, 21 h, 19 h, 17 h 30 même pour les enfants. La soirée de Noël est devenue une réunion de famille, et s'il faut partir à la messe en cours de soirée, on "casse l'ambiance".
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Voilà pourquoi je ne peux accepter d'attendre un retour des "principes", Lulo.
Dans notre monde moderne, ceux ci sont en recul. Le combat est perdu et ce, dans nos propres familles. La république est laïque, la fête de Noël est donc tombée dans le domaine public. Noël est devenu commercial, la population s'échange des cadeaux, qu'a-t on besoin de savoir de plus ?
Définitivement NON, il ne faut pas attendre. Prier ne suffit pas, dans un monde où la morale recule. Conserver une république laïque est la première chose contre laquelle il faut se battre : comment, un Etat qui se déclarerait chrétien ne serait pas capable de respecter des sujets d'autres religions ? Mais pour qui nous prend-on ? Par contre, catholique en France, je veux, moi, être respecté et cela n'est plus le cas.
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Depuis 200 ans, nous sommes dans un cercle vicieux. Inversons-le ! Nous ne regagnerons pas en un jour ce qui a été perdu, mais faisons en sorte de ne pas en perdre plus (est-ce possible ?), regagnons pièce par pièce, voyons si nous pouvons stopper la décadence (les plus grandes civilisations n'y sont pas parvenues).
Donc, entre la république et la monarchie institutionnelle, je choisis la seconde, et le plus vite sera le mieux.